Blocage de la cagnotte de l'ex-boxeur Christophe Dettinger : le tribunal rendra sa décision le 19 juin

Justice
ARGENT - Créée le 6 janvier dernier, la cagnotte en soutien à l'ancien boxeur Christophe Dettinger, condamné pour avoir frappé des gendarmes lors d'une manifestation des Gilets jaunes, avait été fermée deux jours plus tard par Leetchi. Le tribunal se prononcera sur la légitimité de cette action le 19 juin prochain.

La plateforme Leetchi avait-elle le droit de bloquer la cagnotte de soutien à l'ex-boxeur Christophe Dettinger, condamné pour avoir frappé des gendarmes lors d'une manifestation des Gilets jaunes ? Ou l'argent des milliers de donateurs devra-t-il être versé au couple Dettinger ? Après l'examen en référé du litige ce mercredi, le tribunal a annoncé qu'il rendra sa décision le 19 juin dans cette affaire qui oppose la plateforme de collecte de dons aux Dettinger. L'ancien sportif, condamné en février à un an de prison, aménagé en semi-liberté, et placé depuis lundi sous bracelet électronique, devra donc attendre pour savoir s'il pourra toucher ou non l'argent de la cagnotte, 130.000 euros selon Leetchi, 145.000 euros selon les Dettinger.


Créée le 6 janvier dernier, la cagnotte - critiquée par la classe politique - avait été fermée deux jours plus tard par la plateforme. Reste une question centrale dans ce procès : Leetchi avait-elle le droit de la suspendre ? "Quand il y a un contrat, il doit être exécuté", a souligné la présidente du tribunal mercredi. Mais les deux parties sont en désaccord sur le contenu du contrat. "C'était une cagnotte solidaire pour soutenir une famille en difficulté", selon Laurence Léger, l'avocate du couple Dettinger et de leur proche à l'origine de cette cagnotte. Karine Dettinger, l'épouse de l'ex-boxeur, a été "dès le début désignée comme bénéficiaire", a-t-elle affirmé. "Cela fait 200 ans qu'on applique en France la force obligatoire des contrats. Je veux bien qu'on n'aime pas Christophe Dettinger, mais là ça pose problème, sauf si on décide qu'il n'y a plus de justice", a plaidé l'avocate.

Pour Leetchi, l'intitulé de la cagnotte était : "soutien à un boxeur gilet jaune". Le bénéficiaire était dénommé "champion". La plateforme a contacté l'organisateur de la cagnotte pour préciser l'intitulé. Selon les avocats de la plateforme, il aurait alors été dit que les dons ne serviraient qu'à payer les frais d'avocats, ce que nie Me Léger. Pour Martine Samuelian, l'avocate de Leetchi, l'essentiel est "de faire respecter les conditions générales d'utilisation". "Il y a un problème sur le nom du bénéficiaire : le nom déclaré à l'ouverture de la cagnotte est Christophe Dettinger. Ensuite, il y a un problème sur l'objet de la cagnotte". 

L'épouse de l'ex-boxeur réclame 3 millions d'euros

Me Laurence Léger a demandé le versement de la cagnotte au couple Dettinger. Elle souhaite par ailleurs que la plateforme soit condamnée pour "détention abusive", car Leetchi "n'est pas propriétaire de cet argent que les gens ont donné". Une cinquantaine de donateurs ont d'ailleurs porté plainte, a-t-elle expliqué. Mi-avril, ces donateurs de Leetchi avaient la justice en portant plainte pour abus de confiance. À travers cette cagnotte, expliquaient-ils, ils voulaient "montrer la solidarité du peuple des Gilets jaunes" et sont "extrêmement choqués" par l'attitude de Leetchi, qui avait, rappelaient-ils, plusieurs fois souligné pendant la polémique que la cagnotte était légale. "En retenant abusivement" ces fonds, la société "se comporte comme un véritable censeur moral", disait la plainte. Ils réclamaient chacun un euro symbolique de la part de Leetchi. 

En vidéo

Cagnotte : la femme de Christophe Dettinger réclame trois millions d'euros

Dans une autre procédure, l'épouse de l'ex-boxeur réclame environ trois millions d'euros de dommages et intérêts à la plateforme : la cagnotte serait restée ouverte un mois et demi si Leetchi ne l'avait pas fermée au bout de deux jours. Pour arriver à ce chiffre, Karine Dettinger a donc multiplié ce que la collecte avait rapporté par le nombre de jours manquants. 

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter