Gilets jaunes : le procureur de Paris assure que les policiers accusés de violences comparaîtront en correctionnelle

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JUSTICE - Dans une interview à nos confrères du "Parisien", le procureur de Paris, Rémy Heitz, dresse le bilan judiciaire des manifestations des Gilets jaunes depuis le 17 novembre dernier et assure que les policiers mis en cause pour des violences lors de ces manifestations seront renvoyés devant un tribunal correctionnel.

Alors que les manifestations de Gilets jaunes se poursuivent sur le territoire avec son lot régulier d'accusations de violences policières, le procureur de Paris l'assure : "il n’y a aucune volonté de ma part d’éluder ces violences ou de les minimiser", tout en préférant le terme "violences illégitimes" à celui de "violences policières". Dans une interview accordée au Parisien, le magistrat est revenu sur ces derniers mois de manifestations et a dressé un bilan des enquêtes ouvertes en rapport avec celles-ci. Il est également revenu sur les dossiers visant certains membres des forces de l'ordre. 


Sur les 174 enquêtes ouvertes impliquant des forces de l'ordre, depuis le début du mouvement, 171 ont été confiées à l’inspection générale de la police nationale (IGPN) et trois à l’inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN). Les investigations sont désormais clôturées pour 57 d'entre elles et le parquet doit décider d'éventuelles poursuites judiciaires. Huit d’entre elles ont d'ores et déjà "justifié l’ouverture d’une information judiciaire", confiées à des juges d'instruction, a-t-il annoncé. Ces procédures concernent des faits délictuels mais aussi criminels, selon une source judiciaire. 

Certaines de ces enquêtes concernent les faits dénoncés par Jérôme Rodrigues, qui a perdu un œil, ou encore ceux commis dans un restaurant Burger King le 1er décembre. "Plusieurs dossiers ont trait à l’usage de lanceurs de balle de défense (LBD)", a-t-il détaillé, ajoutant qu'à l'heure actuelle "aucun policier ou gendarme n'a été mis en examen". 


Il prévient néanmoins : "il y aura des classements sans suite" et "des renvois de policiers devant le tribunal correctionnel d'ici la fin de l'année". En ce qui concerne les autres dossiers sous l'autorité du parquet, le successeur de François Molins assure qu'ils seront analysés "avec beaucoup d’attention".


Quant au bilan "côté Gilets jaunes", depuis le début du mouvement le 17 novembre, le procureur a recensé 2.907 gardes à vue. Elles ont abouti à des classements sans suite dans 44,8 % des cas tandis que 1.357 personnes ont été déférées, dont 515 jugées en comparution immédiate. Les enquêtes se poursuivent pour 30 dossiers. 

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