Gilets jaunes : six mois ferme pour les agresseurs de deux journalistes de LCI et d'agents de sécurité lors d'une manifestation à Rouen

Justice
JUSTICE - Cinq personnes jugées pour l'agression de deux journalistes de LCI et de leurs deux agents de sécurité le 12 janvier dernier à Rouen ont été condamnées mercredi 5 juin à six mois de prison ferme. Elles étaient poursuivies pour violences aggravées en réunion.

Les faits s'étaient déroulés en marge d'une manifestation des Gilets jaunes à Rouen, le 12 janvier dernier. Durant ces événements, deux journalistes de LCI et leurs deux agents de protection avaient été violemment agressés. L'un des agents, notamment, s'était vu prescrire une incapacité totale de travail de 20 jours, souffrant d'une fracture du nez et d'un enfoncement de la pommette. 


Mercredi 5 juin, le tribunal correctionnel a condamné cinq personnes à six mois de prison ferme dans cette affaire, pour violences aggravées commises en réunion. Les cinq agresseurs devront également verser, solidairement, 3.000 euros à l'un des agents de sécurité, pour préjudice moral. Si tous ont été condamnés pour des faits de violence contre cet agent, ils ont en revanche été relaxés pour certains faits, faute de charges suffisantes, sur les trois autres victimes. 

"Lynchage sur la voie publique"

Dans ses réquisitions, la substitut du procureur Cécile-Charlotte Lepage avait requis 12 à 15 mois de prison ferme. "Les faits sont graves, lâches et gratuits. Les prévenus ne mesurent pas ce que cela veut dire de s'attaquer à des journalistes", avait-elle pointé, évoquant "un lynchage sur la voie publique".  "Quand on s'attaque aux journalistes, on s'attaque à la liberté d'expression", a affirmé de son côté Me Marc Absire, avocat des deux journalistes qui se sont constitués partie civile.


Les prévenus étaient soupçonnés d'avoir frappé à plusieurs reprises les deux journalistes et les deux agents de sécurité chargés de leur protection lors de "l'acte 9" des Gilets jaunes, à Rouen. Plusieurs vidéos montrant l'agression ont été diffusées à l'audience. 

Ils présentent leurs excuses

Les prévenus, âgés de 18 à 59 ans, sont domiciliés en Seine-Maritime, dans l'Eure et dans l'Orne. A l'audience, ils ont exprimé des regrets et présenté des excuses à l'agent de sécurité ayant fait l'objet d'une ITT, seule partie civile présente. 


Pour la défense des prévenus, ces derniers auraient écopé pour d'autres. "C'est un dossier qui se dégonfle un peu lorsque l'on rentre dans la matérialité des faits", a estimé Me Chloé Chalot, avocate d'un des accusés. "Aucun élément ne vient démontrer que mon client a porté des coups aux deux journalistes et à l'autre agent de sécurité", a aussi considéré Me Alison Jacques, autre avocate des accusés. "On n'a pas retrouvé ceux qui ont porté le plus de coups, les cinq qui sont là vont prendre pour les autres."

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