Pédopornographie : l'ex-directeur d'une école de Gironde condamné à trois ans de prison

Justice

JUSTICE - L'ancien directeur de l'école de Cadaujac, en Gironde, a été condamné mercredi à trois ans de prison pour détention d'images à caractère pédopornographique, dont certaines ont été prises par lui.

L’ancien directeur de l’école de Cadaujac a été reconnu coupable, mercredi 12 octobre, par le tribunal correctionnel de Bordeaux, de détention et diffusion d'images à caractère pédopornographique et violences avec préméditation n’ayant pas entraîné d'incapacité totale de travail. Christophe Sajus-Lamothe, 46 ans, a été condamné à trois ans de prison, dont un avec sursis, à l'obligation de se soigner et d'indemniser les victimes. Il a également été interdit de travailler avec des mineurs et à a été inscrit au fichier judiciaire des délinquants sexuels.

Il utilisait une mini caméra incrustée dans sa montre

Plus de 366.000 photos et vidéos pédopornographiques avaient été retrouvées dans les abîmes de son ordinateur, au terme d’une année d’instruction. Parmi elles, des images capturées dans les vestiaires de la piscine, en sortie scolaire, ou après un cours de sport, grâce à une mini caméra incrustée dans sa montre. Une vingtaine d’élèves sont concernés. C'est "une véritable boulimie d'images", a déclaré Me Noémie Saïdi-Cottier, l'une des sept avocats des parties civiles.

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    Conscient d’avoir un problème depuis l’adolescence, Christophe Sajus-Lamothe a affirmé ne pas avoir confondu les téléchargements compulsifs et les photos des élèves, souligne Ouest France. "Intuitivement, j'ai compris (en découvrant qu’il était attiré par les petits garçons, Ndlr) que ce serait impossible à avouer, qu'il faudrait l'enfouir au plus profond de moi en espérant qu'elle disparaisse avec le temps". De fait, Christophe Sajus-Lamothe dit vrai. 

    Il aurait pu se faire violence pour consulter- Une maman de victime

    Il n’a touché aucun enfant et a été décrit lors d’une expertise psychiatrique, comme "pédophile abstinent", "voyeur" et "cyber-pédophile", relève France Bleu. Latifa Bennari, fondatrice et présidente de l'association l'Ange bleu affirme que "la majorité ne passe pas à l'acte. Ils font appel à notre association pour se sevrer et il n'y a pas d'impact sur les enfants réels". Mais pour Me Loic Champeaux, autre avocat des parties civiles, "la frontière est ténue entre le pédophile abstinent et le prédateur passif". 

    Pour les familles, rien ne justifie que l’ancien directeur soit resté en poste en dépit de son attirance pour les enfants. "Il aurait pu se faire violence pour consulter", affirme une maman. "Ou démissionner", relève une autre. "Vous étiez le second après le père. Vous avez trahi la confiance de ces petits bouts", a accusé l’avocate de l'association de protection de l'enfance La Mouette. Christophe Sajus-Lamothe est resté en détention. 

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