Héritage de Johnny Hallyday : un premier face-à-face judiciaire tendu entre les deux clans

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JUSTICE - Les avocats de David Hallyday et Laura Smet se sont opposés aux avocats de Laeticia Hallyday, ce vendredi au tribunal de Nanterre. En jeu : le gel du patrimoine du chanteur en attendant que le litige des héritiers du chanteur soit réglé sur le fond.

La première bataille judiciaire dans la guerre autour de l'héritage de Johnny Hallyday a eu lieu ce vendredi au tribunal de grande instance de Nanterre. Les avocats des deux clans Hallyday se sont opposés sur le gel du patrimoine du chanteur au cours de ce procès en référé, une procédure d'urgence. David Hallyday et Laura Smet réclament en effet que ce patrimoine soit gelé le temps que la justice règle la question principale : à qui appartient cet héritage ?


Pendant près de 4 heures, en l'absence de la famille Hallyday, les avocats ont échangé leur arguments. Pour les avocats de Laura et David, il s'agissait de prouver que Laeticia pouvait rapidement contrôler l'intégralité du patrimoine du chanteur défunt. "Il y a urgence à agir avant la mise en trust des biens" car "une fois les actifs mis en trust, on se retrouve devant un coffre-fort", a argué Me Pierre-Jean Douvier, avocat de David Hallyday.

Les avocats de Laeticia ont tenté de démontrer pourquoi la veuve de Johnny ne compte pas dilapider l'héritage de son mari. Quant aux avocats de Warner, la maison de disque de Johnny, ils ont chercher à montrer que l'album posthume du chanteur sera conforme à sa volonté, alors que ses deux aînés réclament un droit de regard sur le disque. "On essaie de bâtir une histoire, l'histoire d'un homme fragilisé, faible, accaparé par sa belle-famille aux seules fins d'une main-mise sur sa fortune", a répondu Me Ardavan Amir-Aslani, qui défend Laeticia Hallyday.

Johnny était-il plus proche de la France ou des États-Unis ?

Concernant le gel du patrimoine du chanteur, tous les avocats semblent au moins s'accorder sur une chose : l'avis du tribunal dépendra du lieu de vie principal de Johnny. Pour les avocats de Laura et David, même si le chanteur a vécu aux États-Unis, il "fait partie de la France" et il est même "un destin français". Et d'arguer que ses disques se vendent majoritairement en France et que Johnny a passé ses derniers jours à Marnes-la-Coquette.


Pour les avocats de Laeticia, le fait que leurs filles adoptives soient scolarisées aux États-Unis est la preuve irréfutable que Johnny avait fait sa vie outre-Atlantique. Me Amir-Aslani affirme en outre que le choix d'utiliser un trust pour régler l'héritage est très commun aux États-Unis. Si dans l'ensemble, les débats sont restés cordiaux, une phrase de Me Amir-Aslani sur l'attitude de sa cliente Laeticia lors du passage Laura Smet à l'hôpital psychiatrique Sainte-Anne, à Paris, a suscité la colère de l'avocat de cette dernière, Me Temine.

Un album posthume conforme à la volonté de Johnny ?

Autre sujet de discorde : l'album posthume de Johnny. Alors que l'avocat de Warner, Me Eric Lauvaux, affirme que le chanteur "a validé l'ensemble des compositions musicales qui figurent sur l'album" et "choisi les compositeurs", les enfants de Johnny réclament  un droit de regard sur le disque. En fin d'audience, Me Pierre-Olivier Sur a demandé que sa cliente Laura Smet, ainsi que David Hallyday puisse bénéficier au moins d'un "droit d'écouter l'album, sans remise du support".

"Warner Music est le propriétaire des enregistrements et nous enjoindre de remettre ces enregistrements n'a aucun fondement", a rétorqué Me Lauvaux. Concernant ce droit d'écoute et le gel du patrimoine du chanteur, le tribunal rendra sa décision le 13 avril.

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