Il avait annoncé les attentats du 13 novembre 2015 : le djihadiste Reda Hame face à la justice

Il avait annoncé les attentats du 13 novembre 2015 : le djihadiste Reda Hame face à la justice
Justice

TERRORISME - Le procès d'un djihadiste s'est ouvert aujourd'hui à Paris. Reda Hame, âgé de 34 ans, est un Français et ancien membre de Daech. Au moment de son arrestation à l'été 2015, il avait prévenu d'une éventuelle série d'attaques à venir dans l'Hexagone, avant les attentats du 13 novembre.

Le procès de Reda Hame, un djihadiste entraîné en Syrie par Abdelhamid Abaaoud, l'un des cerveaux des attentats du 13 novembre 2015, a démarré jeudi 20 février à Paris. Depuis quatre ans et demi, ce Parisien de 34 ans est en détention provisoire. Soupçonné d’avoir voulu commettre un attentat en France, il a été arrêté le 11 août 2015. Face aux policiers, il avait à l’époque fait ce qu’aucun autre djihadiste n’a fait : tirer la sonnette d’alarme juste avant les attentats.

Reda Hame a passé huit jours en Syrie, en juin 2015. Dès son arrivée, il a été formé par le Belge Abdelhamid Abaaoud, qui lui a notamment appris à tirer à la kalachnikov. Reda Hame, novice en la matière, s'est blessé avec une grenade assourdissante. L'accusé est ensuite retourné à Paris, en plusieurs étapes pour ne pas se faire repérer : Istanbul, Belgrade, Amsterdam, puis enfin Bruxelles, où il est soupçonné d’avoir rencontré Mohamed Abrini, un proche d’Abaaoud, sans qu’il n’y ait de preuve de cette rencontre. 

"Est-ce que tu serais prêt à tirer dans la foule ?"

Sa mission pour son retour en France : commettre un attentat. "Si on te passe de quoi t'armer, est-ce que tu serais prêt à tirer dans la foule?", lui avait demandé Abdelhamid Abaaoud, a raconté Reda Hame aux enquêteurs. "Par exemple, imagine un concert de rock", avait ajouté "l'émir". Cinq mois plus tard, trois commandos de djihadistes, dont Abaaoud, attaquaient le Bataclan pendant un concert, ainsi que le Stade de France et des terrasses bondées à Paris, faisant 130 morts. 

"Comment expliquer que pour organiser des attentats de l'envergure que l'on a pu connaitre, Abaaoud sélectionne quelqu'un comme Reda Hame qui n'a aucune expérience dans les armes ?", a demandé au premier jour du procès la présidente Xavière Simeoni à un policier de la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), qui a participé à l'enquête. C'est "vraiment délibéré", a répondu l'enquêteur, témoignant sous anonymat. "C'est le principe de la fourmilière", a-t-il expliqué à la cour. "Il y a la volonté d'en former un maximum et il y en a bien un qui va réussir. (...) Il faut jeter un maximum de bouteilles à la mer." Reda Hame avait lui comparé Raqqa à une "usine" pour djihadistes.

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Profil indétectacle

Ancien technicien en informatique, avec des papiers en règle, le profil du Parisien collait avec ce que recherchait Abaaoud : des profils lisses, indétectables. D’autant plus en mesure de passer sous les radars qu’ils ne restent pas assez longtemps en Syrie pour que les services de renseignement ne s’aperçoivent de leur départ. De façon similaire à Reda Hame, Brahim Abdeslam, membre du commando du 13-Novembre, avait passé seulement une dizaine de jours en Syrie.

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Reda Hame, qui sera interrogé ce vendredi, nie toute intention de commettre un attentat : il a affirmé lors de l'enquête avoir feint d'accepter la mission confiée par Abdelhamid Abaaoud pour pouvoir récupérer son passeport et regagner la France. Il aurait quitté la Syrie sans instruction précise et n'aurait pas contacté à son retour en Europe Abdelhamid Abaaoud comme celui-ci le lui avait demandé. 

Les deux policiers qui ont témoigné jeudi ont émis des doutes sur ses déclarations lors de l'enquête. "Il est hautement improbable qu'il n'ait pas rencontré d'autres Français comme il le dit. (...) Peut-être qu'il en sait plus que ce qu'il dit", a déclaré un policier appelé à témoigner devant la cour d'assises spéciale de Paris. 

De retour dans la capitale après son séjour à Raqqa, Reda Hame était retourné à son domicile et avait repris une vie normale, avec sa petite amie non voilée et sans présenter de signe de radicalisation. Comptait-il passer à l'acte ou avait-il tourné la page? "D'autres avaient pour instruction de se fondre dans la masse et d'attendre le moment opportun", a expliqué un policier. Reda Hame avait-il reçu ces instructions ?

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