Il se dit ruiné à cause du plan Vigipirate, un buraliste attaque l'Etat en justice

Il se dit ruiné à cause du plan Vigipirate, un buraliste attaque l'Etat en justice
Justice

SÉCURITÉ - L'ancien propriétaire d'un bar-tabac de Reims assigne l'Etat en justice et demande réparations : le plan Vigipirate mis en place autour de son commerce début 2015 aurait fait peur à la clientèle, qui a déserté le quartier, et plombé son chiffre d'affaires. Il a déposé le bilan en novembre 2015.

Le plan Vigipirate lui aurait fait perdre son commerce. L’ancien propriétaire d’un bar-tabac à Reims qui a déposé le bilan assigne l’Etat en justice, estimant que sa faillite a été causée par le plan Vigipirate, selon une information de RTL révélée lundi. 

Le bar-tabac "Le Clovis" était situé juste à côté d’une synagogue et aurait souffert du plan Vigipirate mis en place après les attentats contre Charlie Hebdo et l’Hyper Casher en janvier 2015, pour protéger le lieu de culte juif. "C’était totalement normal dans la mesure où nous venions d’être attaqués par des terroristes, mais je ne pensais pas que cette situation allait durer aussi longtemps", a déploré l'ancien buraliste dans une tribune publiée dans L’Obs

Il y avait des barrières partout pendant six mois. Ça a plombé le chiffre d'affaires- Le buraliste

Les blindés, les militaires et l'interdiction de stationner aux abords de la synagoge auraient dissuadé la clientèle de se rendre au bar-tabac, assure l’ancien patron. Les clients ont déserté le secteur dans les premiers mois de l’année 2015. "Personne n'avait le droit de s'arrêter : il y avait des barrières partout pendant six mois. Ça a plombé le chiffre d'affaires. Je me suis retrouvé sans boulot, sans bistrot, sans appartement, sans rien du tout", a-t-il confié à RTL. 

"Le Clovis" a perdu entre 28.000 et 30.000 euros de chiffre d’affaires par mois, selon le rapport d’expertise commandé par le tenancier. L'ancien gérant ne pouvait plus honorer ses factures, les rayonnages de tabac et de journaux se sont vidés : l'établissement a fini par déposer le bilan en novembre 2015. 

L’ex-buraliste, qui a retrouvé du travail dans un bar de la ville, se retourne aujourd'hui contre l’Etat : son avocat Me Ludot a écrit au Premier ministre et a assigné l’Etat en justice devant le tribunal de Châlons-en-Champagne. "Pour moi, il est responsable de ce que j’ai vécu", a expliqué le buraliste à L’Obs. Le préjudice est estimé à 400.000 euros. 

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Plan vigipirate : sécurité renforcée, mais boutiques désertées

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