Ils l'avaient enlevée et séquestrée : des membres de la famille de la députée Mounia Haddad condamnés

Ils l'avaient enlevée et séquestrée : des membres de la famille de la députée Mounia Haddad condamnés

Justice
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CONDAMNATION - Le père d'une jeune élue locale de l'Indre-et-Loire, ainsi que ses oncles et son frère, ont été condamnés jeudi par le tribunal correctionnel de Tours à des peines de prison allant de 10 mois de sursis à deux ans et demi de prison ferme, pour l'avoir enlevée et séquestrée en juillet dernier.

Enlevée puis séquestrée pendant 24h par plusieurs hommes de sa propre famille, qui n'étaient pas en accord avec ses choix de couple... Une élue départementale (LaREM) avait porté plainte contre son père, son frère et ses oncles. Le tribunal correctionnel de Tours les a condamnés ce jeudi 8 novembre à des peines de prison allant de deux ans et demi de prison ferme à 10 mois de sursis.

Enlevée par sa famille, libérée par les gendarmes

Au commencement de cette triste affaire : les parents de Mounia Haddad, qui, en apprenant la demande en mariage de leur fille par son petit-ami, l’ont emmené de force en Algérie pour la marier à un autre. Fin avril, la jeune femme a fait mine d'accepter cette union avec l'homme que ses parents ont choisi pour elle, pour pouvoir rentrer en France. Mounia fuit alors le domicile familiale de Saint-Pierre-des-Corps, près de Tours, pour se réfugier chez son compagnon à Mandelieu, dans les Alpes-maritimes. Devant la pression de sa famille, la jeune élue demande de l'aide au président du conseil départemental, Jean-Gérard Paumier, qui intervient sans succès. 


La situation s'aggrave le 18 juillet, quand avec l'aide d'une sœur de Mounia - employée de banque qui avait tracé ses retraits bancaires - le père et ses deux oncles la retrouve à Mandelieu et la ramène en voiture à Saint-Pierre-des-corps. Alertés par son compagnon, les gendarmes la libéreront le lendemain.

Des peines de prison ferme prononcées

Lors du procès, le 27 septembre dernier, les membres de la famille n'avaient manifesté aucun regret, tentant d'expliquer qu'ils n'avaient fait que la soustraire à l'influence de son compagnon. Les prévenus avaient nié toute violence et défendu ce qu'ils présentaient comme "l'intérêt de la famille". Mounia Haddad quant à elle se cachait le visage et sanglotait, n'intervenant que pour exprimer son souhait de ne pas voir ses parents en prison. Pour l'énoncé du jugement, la jeune femme n'était cette fois-ci pas présente.


Dès la sortie de l'audience, l'avocat des hommes de la famille, Malik Behloul, a annoncé son intention de faire appel de ces "peines incompréhensibles". Son père, Karim, 54 ans, a été condamné à quatre ans dont 18 mois avec sursis. Ses deux oncles : Mohamed, 52 ans, a été condamné à trois ans de prison dont 12 mois avec sursis, et Omar, 47 ans, à trois ans dont 18 mois avec sursis. Le frère de la victime, Zakaria, accusé de menaces de mort sur les réseaux  sociaux, a été condamné à 10 mois de prison avec sursis.


En 2013, le Groupe pour l'abolition des mutilations sexuelles (Gams) estimait à environ 70 000 le nombre des jeunes filles potentiellement menacées de mariage forcé en France. Un chiffre confirmé à l’époque par le Haut conseil à l'intégration. 

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