Incendie de Lubrizol à Rouen : deux radiateurs électriques de l'usine voisine en cause ?

Incendie de Lubrizol à Rouen : deux radiateurs électriques de l'usine voisine en cause ?
Justice

ENQUÊTE - Le quotidien Le Monde révèle ce mercredi que l’incendie qui a ravagé l’usine chimique Lubrizol à Rouen le 26 septembre dernier serait parti d'une pièce situé dans un entrepôt de la société voisine, Normandie Logistique.

Près de huit mois après le drame et après des heures et des heures d'investigations, les enquêteurs auraient une petite idée sur l'origine du terrible sinistre qui a ravagé à l'automne dernier l'usine Lubrizol et dévasté toute une région ? Ce mercredi, Le Monde indique avoir eu accès à une partie du dossier d'instruction de l'enquête pénale et donne des détails sur le départ de feu. 

Ainsi, selon les informations du quotidien, les flammes n'auraient pas commencé au sein de l'usine chimique Lubrizol, mais dans les locaux de la société la jouxtant : Normandie Logistique. "A ce stade des investigations, aucun élément permettant de déterminer les causes de l’origine de l’incendie n’a pu être mis en exergue. Cependant, la localisation du vestiaire de la société Normandie Logistique par rapport à la zone de départ de feu, sa vétusté, la présence de deux radiateurs électriques sur lesquels des vêtements auraient pu être posés afin de les sécher, laisse place à des interrogations", écrivent nos confrères rapportant mot pour mot les phrases des enquêteurs. Toujours selon les informations du Monde, les salariés de Normandie Logistique auraient confirmé aux enquêteurs que ce local était vétuste, mal entretenu et que "tous les appareils électriques (les fameux convecteurs, un vieux frigo, un micro-onde, une cafetière et une télé) étaient branchés sur une même multiprise".

Le quotidien du soir précise avoir contacté Normandie Logistique à ce sujet mais l'entreprise n'aurait pas répondu à leurs sollicitations.

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Près de 10 000 tonnes de produits ont brûlé

Le 26 septembre 2019, sur le site de l'usine Lubrizol, 9.505 tonnes de produits chimiques avaient brûlé: 5.253 tonnes de produits - essentiellement des lubrifiants - sur le site de Seveso Lubrizol et 4.252 tonnes sur le site de l'entreprise voisine Normandie Logistique, dont 1.600 appartenaient à Lubrizol. L'incendie, qui n'a pas fait de victime, avait provoqué un gigantesque nuage de fumée noire de 22 km de long avec des retombées de suie jusque dans les Hauts-de-France.

Pendant plusieurs semaines, incommodés par l'odeur, des habitants ont présenté des symptômes tels que des maux de tête et des nausées, suscitant des inquiétudes sur les risques sanitaires à long terme. Autre conséquence, les produits frais (lait, légumes) ont cessé d'être commercialisés dans plus de deux cents communes durant trois semaines. 

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L’incendie de l’usine Lubrizol à Rouen

Fin février, la société Lubrizol a été mise en examen par le parquet de Paris, chargé de l'enquête, pour "déversement de substances nuisibles" et pour des manquements dans l'exploitation de son usine ayant porté une "atteinte grave" à l'environnement. L'entreprise a été placée sous contrôle judiciaire.

Un cautionnement de 375.000 euros et une "sûreté" de 4 millions d'euros visant à réparer les "dommages humains et environnementaux" éventuellement imputables à l'incendie ont été demandés à Lubrizol. Normandie Logistique, dont plusieurs entrepôts ont été détruits, a elle été placée sous le statut intermédiaire de témoin assisté.

Contacté en milieu de journée ce mercredi au sujet des informations du Monde, le parquet de Paris a indiqué n'avoir "aucun commentaire à faire".

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