Incendie du Cuba Libre : au premier jour de leur procès, les regrets des deux ex-gérants du bar

Justice

JUSTICE - Ce lundi s'est ouvert le procès des deux ex-gérants du bar rouennais Cuba Libre, où 14 personnes ont péri en 2016 dans un incendie. En ce premier jour d'audience, les personnalités de Nasser et Amirouche Boutrif ont été au centre des débats.

Crânes rasés, chemises bleu marine : à 40 et 48 ans, Nasser et Amirouche Boutrif ont répondu à toutes les questions du tribunal correctionnel de Rouen ce lundi, jour d'ouverture de leur procès. Les deux frères sont jugés pour "avoir involontairement causé la mort" de 14 personnes et involontairement blessé cinq autres grièvement dans l'incendie de leur établissement dans la nuit du 5 au 6 août 2016. 

Nasser Boutrif, né en Algérie, est arrivé en France en 1999. Marié, père d'un enfant et titulaire d'un Bac+2 en archéologie et civilisation, il a travaillé comme agent de sécurité avant d'acheter le bar en décembre 2003. Depuis un an, il est agent administratif dans une société de livraison à Paris, après avoir été serveur dans un café de Rouen. Reconnu travailleur handicapé à cause d'un problème au dos, il dit être "peut-être impulsif" mais "pas foncièrement mauvais". 

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Amirouche Boutrif est lui décrit comme calme. Il a expliqué au tribunal avoir rejoint son frère en France en 2011. Marié, père d'un enfant, il travaille dans une entreprise de transport près de Rouen. Depuis les faits il est suivi par un psychiatre et sous traitement médical.

Des murs hautement inflammables, l'issue de secours verrouillée

Les deux hommes sont soupçonnés d'avoir commis une kyrielle de "violations manifestement délibérées d'une obligation de sécurité ou prudence". Les enquêteurs ont établis une longue liste de manquements : les prévenus ont "laissé verrouillée l'unique porte de secours du sous-sol", les murs et plafonds étaient recouverts de plaques de mousse en polyuréthane insonorisante mais extrêmement inflammable et fumigène. C'est ainsi que des bougies ont enflammé le plafond d'un escalier étroit, bas et très pentu, alors que les victimes fêtaient les 20 ans d'une jeune femme dans le sous-sol du bar, aménagé sans autorisation en boîte de nuit.

"Je n'ai jamais pensé qu'un jour, ça prendrait feu. Si je savais, je ferme le sous-sol", a déclaré Amirouche Boutrif, qui avait repris la gérance du Cuba Libre en 2015. "Quand j'ai repris la location, le seul patron, c'était moi", a-t-il assuré. "J'assume les choses qui ont été faites", a-t-il continué, comme le rapportent les journalistes de l'AFP présents sur place. 

Les deux frères ont un casier judiciaire vierge. Leur procès doit durer sept jours. Ils encourent cinq ans d'emprisonnement et 76.500 euros d'amende.

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