Infanticide : la mère qui avait lâché son bébé du 7e étage condamnée à huit ans de prison

Infanticide : la mère qui avait lâché son bébé du 7e étage condamnée à huit ans de prison

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CONDAMNATION - La mère infanticide de 34 ans a été condamnée ce jeudi par la cour d'assises de Paris à huit ans de prison. En 2015, elle avait jeté son bébé de 10 mois, Raphaël, du 7e étage d'un immeuble.

Le verdict est tombé : huit ans de prison. Myriam D., cette mère de 34 ans qui avait lâché son bébé de 10 mois du haut d'un immeuble, a accueilli le verdict le regard vide, sans afficher la moindre émotion. 


La scène s'était déroulée le 29 août 2015 dans le 18e arrondissement de Paris. "J'ai eu envie de sauter avec mon bébé. Je ne sais pas ce qui m'a pris, j'ai écarté le bras, je l'ai laissé partir", a expliqué Myriam D. au premier jour du procès, mardi. Cette jeune maman devait amener ce jour-là l'enfant à son père, ce dernier souhaitait mettre fin à leur cohabitation. 


Si elle a évoqué une "grosse angoisse", elle n'a jamais clairement reconnu avoir jeté l'enfant, malgré les questions pressantes de l'accusation. "Lorsqu'on prend Raphaël dans les bras, qu'on le met au-dessus de la barrière, qu'on le lâche, le pousse, mathématiquement il se tue. Qu'est-ce que vous imaginiez Myriam D.? Qu'il allait s'envoler?", l'a interpellé l'avocat général dans son réquisitoire. "Je culpabilise énormément. Il y a un mot dans mon coeur, c'est souffrance", a-t-elle lâché.


Pour l'avocate du père de Raphaël, partie civile, "cette peine, difficilement compréhensible, n'est pas à la hauteur de la gravité des faits". "Cette femme sortira de prison dans deux ans (avec une remise de peine et étant donné qu'elle a passé trois ans en détention provisoire, ndlr) et pourra à nouveau être mère", a regretté Marie Grimaud.

La peine de prison ferme est assortie d'un suivi socio-judiciaire de 5 ans, à l'issue de de sa sortie de prison. La cour a jugé qu'il y a eu, chez cette mère, une altération du discernement au moment des faits. Si pour l'avocat général Julien Eyraud, "l'acte qu'a commis Myriam D. est l'acte le plus terrible, atroce, incompréhensible, impensable", il pense que son lourd passé psychologique "explique" son geste. Adoptée à l'âge de 4 mois, elle n'aurait pas supporté un nouvel abandon, celui du père de Raphaël.


L'accusée a fait sa première tentative de suicide à 22 ans, après une adolescence extrêmement difficile. Elle est "issue d'une lignée de malheurs", a estimé l'expert psychiatre. Malgré les dénégations de son père, elle l'accuse de violences et de viols. De là, pourrait venir son rejet total de la sexualité. Le petit Raphaël a été conçu sans rapport sexuel. Myriam D et le père de l'enfant, homosexuel, s'étaient rencontrés sur un site internet mettant en relation des personnes souhaitant avoir un enfant. Raphaël est né d'une insémination artisanale, réalisée à l'aide d'une pipette de Doliprane.


Myriam D. a un autre enfant, trisomique, né un peu plus d'un an avant Raphaël d'un autre père homosexuel et selon le même procédé. La cour a ordonné le retrait de l'autorité parentale.

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