INFO LCI – Des plaintes entre Gilets jaunes font remonter les tensions internes du mouvement

Justice
POLICE – Selon nos informations, deux Gilets jaunes médiatiques font l’objet d’une plainte par une femme, elle aussi dans le mouvement, qui dit avoir reçu des menaces de mort et été agressée lors d’une manifestation parisienne le 19 janvier dernier. Les mis en cause, eux, l'accusent d'avoir créé la confusion lors de la manifestation.

Le mouvement des Gilets jaunes face aux divisions. D’un côté, la frange légaliste qui souhaite poursuivre le mouvement en déclarant les manifestants. De l’autre celle qui n’a vu aucune avancée depuis plusieurs semaines et qui souhaite retrouver le format des premières manifestations non déclarées. Selon nos informations, une Gilet jaune appartenant à la première mouvance accuse le Gilet jaune médiatique, Jean-Claude Resnier, de menaces de mort et de violence lors de la manifestation parisienne du 19 janvier dernier. Elle cible aussi un autre Gilet jaune, Faouzi Lellouche.


La plainte a été déposée au commissariat du 8e arrondissement quelques heures seulement après l’altercation, survenue sur l’esplanade des Invalides. Le parquet de Paris a été avisé. Selon nos informations, un groupe de Gilets jaunes qui avaient déclaré la manifestation est alors pris à partie par un autre groupe reprochant à ses membres de ne pas suivre le tracé initial.

Altercation

Une escarmouche s’ensuit. La plaignante accuse Jean-Claude Resnier, chauffeur VTC, ainsi que Faouzi Lellouche, responsable d’une association à Sevran, de lui avoir porté des coups et menacé de mort. "Plus tard, lorsque je partais, ils ont réitéré les menaces me disant que si je revenais en manifestation ils allaient me tuer", affirme cette femme dans sa plainte.


Ce n’est pas la première fois que Jean-Claude Resnier est visé par une plainte de cette Gilet jaune "concurrente". Dans une plainte contre X pour "atteinte au secret ou suppression d'une correspondance adressée à un tiers" déposée le 16 janvier 2019, révélée par Le Point fin janvier et confirmée à LCI, l'intéressée accusait le porte-parole de l'Union nationale des voitures de transport avec chauffeur VTC de menaces de mort. Plainte dans laquelle le nom de Maxime Nicolle, figure bien connue des Gilets jaunes, apparaît également. 

Tensions au sein du mouvement

Ces plaintes entre Gilets jaunes illustrent les dissensions qui existent entre les différents courants de ce mouvement. De son côté, Jean-Claude Resnier estime que l’extrême gauche tente de prendre la main sur le mouvement. Contacté par LCI, il reconnaît que "le ton est monté" tout en niant les violences et les menaces. "Cette Gilet jaune est repartie en arrière avec d’autres personnes vers les CRS, en portant un brassard bleu [celui des organisateurs et des guides, NDR], alors qu'elle ne faisait pas partie des organisateurs. C’est inadmissible, elle a mis ces gens en danger, les policiers les ont gazés", assure-t-il. 


Faouzi Lellouche, l’autre Gilet jaune visé par cette plainte, assume "peut-être lui avoir fait peur", mais "à aucun moment, je ne l'ai touchée". "J'étais en colère car son objectif était de semer la pagaille en affirmant que les policiers étaient en train de nasser les manifestants. Alors que j'avais le commissaire en direct et qu'il me certifiait le contraire", explique-t-il. "Cette femme cherche la lumière. Qu'elle soit Gilet jaune ne me dérange pas. Mais elle a mis des gens en danger en créant la confusion", ajoute-t-il.


Sollicitée par LCI, la plaignante ne souhaite pas s'exprimer publiquement. Elle nous indique cependant "contester en bloc" la version de Faouzi Lellouche. "Il y a beaucoup de misogynie. Dès qu'une femme prend un peu d'ampleur dans un mouvement, elles sont systématiquement écartées", estime-t-elle. A ce jour, et à notre connaissance, cette plainte n'a pas fait l'objet d'investigations policières supplémentaires.

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