Injures sur Facebook contre la veuve Erignac : le nationaliste corse Charles Pieri entendu en garde à vue

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JUSTICE - Charles Pieri a été placé en garde à vue dans le cadre de l'enquête ouverte après la publication sur Facebook d’un message injurieux envers la veuve du préfet Erignac. Un message attribué à l'ex-chef du FLNC convoqué en garde à vue mardi avant d'être relâché mercredi.

Charles Pieri a refusé de "s'expliquer", selon le procureur d'Ajaccio. Placé en garde à vue mardi et relâché mercredi, l'ancien chef du FLNC a été auditionné par les gendarmes suite à une publication sur Facebook d’un message injurieux envers la veuve du préfet Erignac sur un compte lui étant attribué. Charles Pieri devrait être convoqué de nouveau à la gendarmerie de Ghisonaccia (Haute-Corse) après l'analyse des éléments techniques - notamment du disque dur de son ordinateur - qui ont été saisis à son domicile lors d'une perquisition dans l'après-midi dans le cadre d'une enquête ouverte dimanche. 


Dans ce message, Dominique Erignac est comparée aux femmes françaises ayant collaboré avec les Allemands pendant la Seconde guerre mondiale. Une comparaison qui est intervenue quelques heures après le discours prononcé mardi à Ajaccio par l'épouse du préfet assassiné lors de la cérémonie d'hommage à son mari. Il a été diffusé sur le compte Facebook "Di l’altu pianu", attribué à Charles Pieri, ex-leader du Front de libération nationale corse.

"Inacceptable et contraire à ce que je suis"

"Je crois savoir en effet qu’il s’agirait de M. Pieri, mais nous attendons la confirmation de cette affirmation par le réseau social Facebook", avait indiqué le procureur. "Il y a constitution d’une infraction pénale d’injure par voie de communication, qui a justifié l’ouverture d’une enquête judiciaire", a-t-il ajouté, précisant avoir effectué un signalement d’abus pour "offense" auprès du réseau social. Un signalement auquel le réseau social a fait droit puisque le message a été retiré samedi. 


Personnage discret mais néanmoins incontournable sur l'île de beauté, l'ancien dirigeant nationaliste Charles Pieri - condamné en 2005 à 10 ans de prison pour abus de biens sociaux, extorsion de fonds, financement de terrorisme et association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste - a ressurgi dans l'actualité insulaire ces derniers jours. Notamment en participant à la réunion de préparation de la grande manifestation à l'appel des nationalistes organisée la 3 février. Il a également annoncé il y a deux semaines "reprendre une place de responsable dans l'exécutif" du parti Corsica Libera de Jean-Guy Talamoni qui est le président de l"Assemblée de Corse. 


Si ce dernier n'a, pour l'instant, pas réagi aux propos de  Charles Pieri, son parti s'est fendu d'un communiqué dans la soirée. "Si chaque citoyen a le droit de s’exprimer en son nom sur des réseaux sociaux et d’en assumer la teneur, cela ne saurait en aucun cas engager Corsica Libera qui, par ailleurs, ne partage pas le contenu de ce texte", a indiqué Corsica Libera. 


"Le contenu de ce texte est inacceptable et contraire à ce que je suis et ce que je pense, au plan philosophique, éthique et politique", a pour sa part estimé Gilles Simeoni, président du conseil exécutif corse. "Ce texte est aux antipodes de la vision politique et stratégique que les Corses nous ont donné mandat de mettre en oeuvre à travers leur vote massif de décembre dernier", a-t-il ajouté. Les partis de Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni, Femu a Corsica et Corsica Libera, ont fait alliance pour les élections territoriales de décembre dernier qu'ils ont remportées avec la majorité absolue des votes.

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