Insultes antisémites contre Alain Finkielkraut : le principal suspect jugé le 22 mai à Paris

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ANTISÉMITISME - L'individu placé en garde à vue mardi soir par les enquêteurs de la BRDP dans le cadre de l'enquête ouverte après les injures antisémites dont Alain Finkielkraut a été la cible lors de la manifestation des Gilets jaunes samedi 16 février sera jugé par le tribunal correctionnel le 22 mai prochain.

Dans le cadre de l'enquête ouverte le 17 février dernier, après l'agression antisémite survenue en marge d'une manifestation de Gilets jaunes à Paris la veille et visant le philosophe Alain Finkielkraut, un homme a été placé en garde à vue "du chef d'injure publique en raison de l'origine, l'ethnie, la nation, la race ou la religion" mardi 19 février dans la soirée, à Mulhouse. Jeudi, après la prolongation de sa garde à vue pour 24h, cet individu, qui nie toute forme d'antisémitisme bien qu'il assume ses positions anti-sionistes, a vu le parquet lui signifier sa convocation devant le tribunal correctionnel de Paris le 22 mai prochain. 

Selon nos confrères du Parisien, il s'agit d'un homme prénommé Benjamin W. qui se fait parfois appeler "Souleyman", ou "Slim". Âgé de 36 ans, il est connu des services de renseignement, pour des faits de violences volontaires commises dans une seule affaire, recel de vol, défaut d'assurance en 2005 et violences sur agent de la force publique en 2004.

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Converti mais "pas radical"

Vendeur de téléphones dans la ville de Mulhouse, dans le Bas-Rhin, il vit depuis deux ans dans un appartement d'un quartier périphérique du centre-ville.  Marié, il est père de cinq enfants : trois sont collégiens et deux en primaire. Proche des Gilets jaunes et du mouvement, il est, selon le Parisien, relativement proche du mouvement salafiste sans pour autant être inscrit au fichier des personnes radicalisés. 

 "Il est venu avec nous faire une mission humanitaire au sud du Liban dans un camp de réfugié à l'été 2014", a indiqué à l'AFP Mohamad Fahroud, secrétaire général de l'association des Palestiniens de France, basée à Mulhouse. Celui-ci décrit le suspect comme quelqu'un de "motivé", "calme" et qui "ne causait aucun problème". "Il était converti (à l'islam), il faisait les prières" mais il n'était "pas radical". "On a tous été très surpris, choqués" à la vue de la vidéo dans laquelle il insulte Alain Finkielkraut, a ajouté M. Fahroud.

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Alain Finkielkraut victime d'insultes antisémites lors de la manifestation des Gilets jaunes

Ce samedi, en marge de la manifestation des Gilets jaunes, Alain Finkielkraut avait été pris pour cible par plusieurs personnes, non loin de Montparnasse. "Barre-toi, sale sioniste de merde", "grosse merde sioniste", "nous sommes le peuple", "la France, elle est à nous", avaient notamment crié plusieurs manifestants, dont le principal suspect interpellé, au philosophe, poussant des policiers à s'interposer pour le protéger, selon plusieurs vidéos diffusées sur les réseaux sociaux. 

Sur LCI dimanche, le philosophe avait raconté son agression. "J'ai été en effet pris à partie de manière très violente par des manifestants", et "je dois dire qu'ils avaient vraiment envie d'en découdre parce que si des policiers ne s'étaient pas interposés (...), je pense que certains d'entre eux voulaient me casser la gueule. C'était une violence, malgré tout, pogromiste", a raconté l'académicien dimanche matin sur LCI. "Je n'ai pas vraiment eu le temps d'avoir peur" et "je ne suis ni une victime ni un héros", a précisé l'intéressé, ajoutant qu'il ne voulait pas porter plainte. 

"J'ai envie qu'on sache qui sont ces gens, ça, ça m'intéresse. Mais je n'aime pas rentrer dans ce genre de processus, peut-être je l'aurais fait si on m'avait cassé la gueule", a-t-il confié sur LCI. En outre, il a affirmé ne pas avoir entendu "sale juif" parmi les insultes qui lui ont été lancées.

Le suspect nie

Selon nos informations, Benjamin W. nie depuis de le début de sa garde à vue avoir tenu des propos antisémites, parlant, à la rigueur, de propos "antisionistes". Car s’il assume des positions hostiles à la politique d’Israël, il dément en revanche avoir voulu personnellement attaquer Alain Finkielkraut en tant que juif.

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