Isère - Elle donnait des bonbons à des diabétiques : la directrice d'une maison de retraite mise en examen

Isère - Elle donnait des bonbons à des diabétiques : la directrice d'une maison de retraite mise en examen

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VIOLENCES - La directrice d'une maison de retraite de l'Isère a été mise en examen, ce mardi, pour "harcèlement moral" et "violences aggravées sur personnes vulnérables".

La directrice de la maison de retraite communale de Vif (Isère) a été mise en examen pour violences sur des pensionnaires et harcèlement moral sur des salariés, une situation qui pourrait avoir duré près de 20 ans, a appris l'AFP mardi 10 janvier de source judiciaire.


Cette sexagénaire, à 18 mois de la retraite, a été mise en examen pour "harcèlement moral" et "violences aggravées sur personnes vulnérables" mi-décembre à la suite de la dénonciation d'un ex-salarié de l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) et "placée sous contrôle judiciaire", a annoncé le parquet de Grenoble à l'Agence France Presse.

Des bonbons à des diabétiques

Suspendue de ses fonctions, la directrice a été remplacée à la tête de cet établissement de 46 employés et de 44 lits, dont un quart environ occupé par des patients atteints de la maladie d'Alzheimer, a précisé la mairie de Vif. Il est reproché à cette femme, à la tête de l'Ehpad depuis son ouverture en 1998, "un harcèlement sur les salariés" - souvent en CDD et sans présence syndicale pour faire contre-pouvoir - par des "pratiques managériales d'un autre temps dont elle n'a pas conscience", a déclaré le procureur de la République Jean-Yves Coquillat, en précisant qu'elle contestait "absolument tout harcèlement" et ne se "remet(tait) pas du tout en cause".


"Des pratiques "assimilables à de la maltraitance" lui sont aussi reprochées. "Avec des choses étonnantes comme de donner des bonbons à des diabétiques, de remplacer une soupe par un quignon de pain dur à une personne qui n'a plus de dents ou de ne pas donner les médicaments prescrits", a ajouté le procureur Coquillat, se basant sur les premiers éléments de l'enquête.

"Un management d'après-guerre"

Une information judiciaire a été ouverte et, parallèlement, la mairie de Vif mène une enquête administrative qui devrait s'achever "la semaine prochaine" après l'audition de tous les employés, selon le maire Guy Genet. Pour l'édile, la directrice "impliquée à fond et vivant à 100% dans l'Ehpad" était dotée d'un caractère "fort", pouvait se montrer "brut de fonderie" et était "restée dans un management d'après-guerre" déstabilisant pour les jeunes agents.


Cela avait donné lieu "à plusieurs entretiens pour lui demander d'avoir un langage plus adapté", a souligné celui qui a été élu en 2014. Pour autant, il estime que l'affaire "a pris une ampleur un peu démesurée par rapport à ce qu'il pense être la réalité des choses" et a assuré qu'il n'y avait pas eu de violences physiques.

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