Isère : le psychiatre d'un schizophrène meurtrier condamné

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JUSTICE - Un psychiatre a été condamné ce mercredi à 18 mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Grenoble. Il a été reconnu coupable d’homicide involontaire après un meurtre commis par un de ses patients atteint de schizophrénie.

Cette condamnation est une première en France pour un praticien hospitalier. Un psychiatre de l’Isère, poursuivi pour homicide involontaire après un meurtre commis par un de ses patients atteint de schizophrénie, a été condamné ce mercredi à 18 mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Grenoble.


Ce dernier reconnaît que le Dr Lekhraj Gujadhur a failli dans le suivi de son patient, connu pour sa dangerosité, en n'ayant pas pris connaissance de son dossier durant les deux années où il était hospitalisé dans l'établissement dont il avait la responsabilité de fait. Le prévenu aujourd’hui septuagénaire et retraité, va faire appel de sa condamnation, a annoncé son avocat Me Jean-Yves Balestas. L’établissement psychiatrique où le malade était pris en charge à Saint-Egrève (Isère), également poursuivi, a lui été relaxé.


Pour Me Balestas, cette condamnation "très dure" est "incompréhensible" : "Seul mon client était poursuivi, qui n'est pas titulaire de la responsabilité du pavillon et pas le médecin (il suivait le schizophrène, ndlr) ni le chef de service. Et le centre hospitalier est relaxé alors qu'il avait la responsabilité du contrôle des sorties !" a-t-il relevé, faisant valoir que "les médecins ne sont pas des gardiens de prison".

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Le patient schizophrène avait tué au hasard

Le 12 novembre 2008, Jean-Pierre Guillaud, 56 ans, atteint de psychose délirante chronique depuis près de quatre décennies et déjà auteur d’agressions à l’arme blanche, s'était échappé du centre hospitalier où il était autorisé à des sorties non surveillées dans le parc. 


Il avait alors pris le car pour gagner Grenoble à une dizaine de kilomètres, puis avait acheté un couteau dans une quincaillerie du centre-ville. Il avait alors tué la première personne croisée ce jour-là. Luc Meunier, 26 ans, qui finissait un doctorat en génie mécanique, était mort sous ses coups. 


 "Je ne suis pas contente, je suis soulagée ! Pour être contente, il aurait fallu que Luc soit là et mon mari aussi", a déclaré, très émue, Odile Meunier, la mère de la victime. Son conjoint, Jean-Pierre, qui s'était battu pour que l'affaire soit jugée malgré les nombreux non-lieux qui ont émaillé la procédure, est décédé l'an passé. Pour Sylvaine, la soeur, la justice a reconnu "que ce n'était pas une fatalité que Luc meure : M. Guillaud était hospitalisé d'office, une hospitalisation d'office a un cadre et on aurait voulu que ce cadre soit respecté".


En 2012, une psychiatre libérale avait été condamnée à de la prison avec sursis à Marseille dans une affaire similaire, avant d’être relaxée en appel pour cause de prescription des faits.

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