"J’ai respecté la loi" : devant la justice, le docteur de Vincent Lambert se défend

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L'affaire Vincent Lambert : un interminable déchirement

RELAXE ? - Poursuivi en justice par les parents de Vincent Lambert, farouches opposants à l’euthanasie passive, le docteur Vincent Sanchez a défendu, mardi devant le tribunal de Reims, les actes ayant conduit à l’arrêt des traitements de son patient le 11 juillet dernier.

Près de cinq mois après la mort de Vincent Lambert, patient en état végétatif, décédé le 11 juillet dernier à Reims suite à l’arrêt de ses soins contre la volonté de ses parents, le docteur Vincent Sanchez s’est expliqué devant la justice. Attaqué par les parents du patient pour "non-assistance à personne en danger", le médecin a ainsi livré sa version des faits devant le tribunal de Reims, se défendant d’avoir été à l’encontre de la loi. 

"A chaque étape, j'ai respecté la loi, a notamment affirmé Vincent Sanchez, en réponse aux questions des avocats des parents de Vincent Lambert. A aucun moment, je n'ai eu la volonté, ni l'intention de m'écarter de la loi. Je voulais que Vincent Lambert puisse être respecté dans ses droits. C'est à lui que je pense aujourd'hui, à son épouse, à sa famille et aussi à ses parents. J'ai le sentiment d'avoir fait mon travail." Le chef de service du CHU de Reims a également dû justifier son refus de transférer Vincent Lambert dans une unité de soins spécialisés malgré les demandes des parents : "Il n'y avait pas de besoin médical à organiser son transfert. Si l'ensemble de la famille avait été d'accord avec le transfert, je l'aurais fait. Mais la tutrice de Vincent Lambert, son épouse, qui seule pouvait le demander, ne l'a pas souhaité."

Aucun élément qui caractérise la non-assistance à personne en danger- Le procureur de Reims

Alors qu’il a décidé de reprendre l’arrêt des soins le 28 juin, Vincent Sanchez a réaffirmé à la barre que, selon lui, son patient faisait alors l’objet d’une "obstination déraisonnable". Une obstination déraisonnable qui autorise l’arrêt des traitements selon la loi Claeys-Léonetti adoptée en 2016. "Bien sûr que Vincent Lambert était en état végétatif chronique, a encore souligné Vincent Sanchez. J'ai fondé ma décision sur ce qui se passait, sur ce qu'était Vincent Lambert et sur ce que j'estimais être sa décision, sur ce que je ressentais." Selon son épouse, Vincent Lambert avait toujours affirmé qu’il préférait mourir plutôt que de vivre "comme un légume".

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A l’issue des débats, le procureur de Reims, Matthieu Bourrette, a requis la relaxe du docteur Vincent Sanchez. "Aucun élément ne permet de dire que le docteur Sanchez aurait manqué à ses obligations légales, a déclaré le représentant du ministère public. On vous demande de faire le procès du docteur Sanchez comme de la loi Léonetti-Claeys. Ce procès a été voulu par la mère de Vincent Lambert. C'est une mère aimante. Mais est-ce suffisant pour avoir un intérêt à agir ? Ce n'est pas au nom de son fils qu'elle agit mais en son nom propre. Il n'y a aucun élément qui caractérise la non-assistance à personne en danger". Le jugement doit être rendu le 28 janvier prochain.

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