"J'étouffe" : les policiers assurent n'avoir "pas entendu" les derniers mots de Cédric Chouviat

"J'étouffe" : les policiers assurent n'avoir "pas entendu" les derniers mots de Cédric Chouviat

VIOLENCES POLICIÈRES - Alors que de nouvelles vidéos de l'interpellation de Cédric Chouviat, mort à la suite d'un contrôle début janvier à Paris, montrent qu'il a répété à sept reprises qu'il étouffait, l'avocat des policiers impliqués assure sur LCI qu'ils n'ont "pas entendu" ces derniers mots.

Ils auraient "découvert" ces mots lors de leur garde à vue. Alors que les quatre policiers impliqués dans l'arrestation de Cédric Chouviat, mort à la suite d'un contrôle routier le 5 janvier dernier, ont été entendus par l'IGPN, une expertise révélée par Le Monde et Mediapart révèle les dernières paroles prononcées par le livreur à scooter. Dans les vidéos analysées de l'interpellation, on l'entend répéter sept fois "J'étouffe !". Des paroles qui n'auraient pas été entendues par les policiers, selon Me Laurent-Franck Liénard. Interrogé sur LCI ce mardi 23 juin, l'avocat de deux des quatre policiers impliqués affirme que ses clients ne "savaient absolument pas" ce que le quadragénaire disait. 

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La méthode utilisée n'est "pas une clé d'étranglement"

Sur notre antenne, l'avocat est revenu sur la vision des policiers, entendus en garde à vue. "Ils ont été confrontés à un individu vindicatif, extrêmement combatif, qui les injuriait pendant environ quinze minutes", a-t-il relaté, précisant que les agents étaient traités de "clowns" de "guignols" ou encore de "pauvres types".  Selon lui, le père de famille, mort à l'hôpital 48 heures après son interpellation,  a été "vraiment très difficile à contenir et à maintenir". "Il a un casque, un très gros blouson, il est lui-même assez volumineux", énumère-t-il. Cependant, Me Laurent-Franck Liénard assure que ses clients n'ont pas utilisé la "clé d'étranglement",  cette méthode controversée et au cœur du débat sur les violences policières. "C'est une prise par l'arrière qui est faite pour l'amener au sol." Une technique décrite comme "la seule" solution à ce moment-là, face à un individu "qui ne se laissait pas faire".

Il faut qu'il retourne à l'école, pas en prison- Maître Laurent-Franck Liénard, avocat de deux des quatre policiers impliqués

C'est après avoir été mis au sol, au moment du menottage, que Cédric Chouviat a prononcé ces derniers mots. Des paroles qui résonnent tristement avec l'actualité et la mort de George Floyd aux Etats-Unis, décédé lui aussi des suites de son interpellation. Mais contrairement à cet afro-américain dont la mort a provoqué une indignation mondiale, ici les forces de l'ordre n'auraient pas entendu les cris de l'interpellé. Et pour cause, ce dernier portait un casque de moto. C'est en tout cas ce qu'avance l'avocat sur LCI. "Il a dit ses mots contre son micro, mais ne les dit pas fort." Ainsi, si les propos ont été enregistrés par son téléphone, ils seraient en revanche inaudibles dans "l'atmosphère générale". "Les voitures passaient, les gens étaient autour, les policiers eux-même criaient. Des mots sont prononcés par tout le monde." Alors, au moment des faits, si les agents "entendent que M. Chouviat parle, ils ne savent absolument pas ce qu'il dit".

En vidéo

VIDÉO LCI PLAY - Mort de Cédric Chouviat, des enregistrements "accablants" dévoilés

Quant à la question d'une éventuelle suspension des policiers, l'avocat rejette cette mesure. Décrivant des agents qui "ont toujours bien fait", Me Laurent-Franck Liénard évoque un "accident" face à un homme "qui ne se laissait pas faire". "Ce n'est pas pour autant qu'ils doivent être suspendus, qu'ils doivent être emprisonnés, qu'ils doivent être embastillés." 

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