Jacques Rançon, "le tueur de Perpignan", reconnaît le meurtre d'Isabelle Mesnage, tuée il y a 33 ans

Justice
ENQUETE - Jacques Rançon, condamné à la perpétuité en 2018 pour les viols et meurtres de deux jeunes femmes à la fin des années 1990, a reconnu ce jeudi 20 juin être l'auteur d'un autre homicide près d'Amiens à l'été 1986. Le "tueur de la gare de Perpignan", a avoué lors de sa garde à vue le viol et l'assassinat en 1986, près d'Amiens, d'Isabelle Mesnage. Il a été mis en examen et placé en détention provisoire, a annoncé ce jeudi le parquet d'Amiens.

Jacques Rançon, "le tueur de la gare de Perpignan", a bien sévi dans la Somme. L'homme, condamné l'an dernier à perpétuité pour les viols et meurtres de deux jeunes femmes à la fin des années 1990, a reconnu ce jeudi 20 juin être l'auteur d'un autre homicide près d'Amiens à l'été 1986.


Cet ancien cariste-magasinier de 59 ans avait  été extrait mardi matin de la prison de Béziers, où il purge sa peine, et placé en garde à vue pour être interrogé par les gendarmes. 


Dans un communiqué, le parquet d'Amiens indique : " Au cours de sa garde à vue, pour laquelle il ne souhaitait pas l’assistance d’un avocat, il réfutait initialement les faits avant de les reconnaître avec de nombreux détails. Jacques Rançon expliquait avoir enlevé Isabelle Mesnage le jour de sa disparition alors qu’elle faisait du stop. Il l’avait frappée, violée avant de l’étrangler. Il avait ensuite porté atteinte à son corps avec le même mode opératoire que celui qui sera utilisé pour ses futures victimes en 1997 et 1998. Selon Jacques Rançon, il s’agissait de son tout premier meurtre. Il affirme qu’il n’existe pas d’autres victimes d’homicide que les trois victimes identifiées à ce jour".


Ce jour, Jacques Rançon a été déféré au tribunal de grande instance de Béziers. Il a été mis en examen des chefs "d’assassinat et de viol" par les deux magistrats instructeurs amiénois. "Lors de l’interrogatoire de première comparution, il a réitéré ses aveux en présence de ses conseils habituel", précise le parquet. 


Comme l'avait requis le parquet, Jacques Rançon a été placé en détention provisoire.

Modus operandi simiaire

Le 28 juin 1986, Isabelle Mesnage, informaticienne âgée de 20 ans, disparaissait à proximité de Fouilloy dans la Somme alors qu’elle se rendait à un rassemblement de la jeunesse catholique dans le Pas de Calais.

Son corps était retrouvé le 3 juillet 1986 dans un bois sur la commune de Cachy (Somme).Ses vêtements étaient en partie déchirés et des objets lui appartenant avaient été retrouvés disséminés non loin d'elle.


L'enquête avait piétiné jusqu'à un non-lieu prononcé en 1992. Mais après "l'intervention des avocats de la famille de la victime", le parquet a décidé de rouvrir l'enquête, confiée depuis octobre à deux juges d'instruction en raison de "charges nouvelles".


Leurs investigations, qui ont établi la présence de Jacques Rançon près d'Amiens à l'époque et des similitudes dans le mode opératoire du tueur, ont permis de faire un rapprochement avec l'affaire Mesnage.


"La famille est à la fois dans l'angoisse et dans l'espoir d'avoir une réponse 33 ans après", avait confié à l'AFP Me Corinne Herrmann, avocate des parents de la victime, il y a quelques jours. 

"Proximité géographique"

"Il a commis plusieurs viols dans la région à cette époque, dont l'un à proximité" de l'endroit où a été retrouvé le corps de Mme Mesnage, "qui présentait des blessures similaires" à celles infligées aux deux jeunes femmes tuées à Perpignan, a complété Me Didier Seban, associé de Me Herrmann.


Moktaria Chaïb, 19 ans, et Marie-Hélène Gonzalez, 22 ans, avaient été violées et tuées dans le quartier de la gare de Perpignan en décembre 1997 et juin 1998. Leurs corps avaient été atrocement mutilés, notamment au niveau des parties génitales. 

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Jacques Rançon comparaîtra devant la justice pour viols et assassinats

Pour ces crimes, Jacques Rançon a été condamné en mars 2018 à la réclusion à perpétuité, assortie d'une peine de sûreté de 22 ans, au terme d'un procès de trois semaines qui avait profondément éprouvé les familles de victimes. Le tueur, qui s'était présenté la barbe hirsute et l'air négligé dans le box, avait également été reconnu coupable d'une tentative de viol et d'une tentative de meurtre


Homme fruste à la corpulence massive, décrit par un expert comme "un grand psychopathe" qui "casse" ses victimes "comme un jouet", le quinquagénaire au lourd parcours criminel avait demandé "pardon" aux familles, mais sans donner d'explication à ses actes.

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