Je cherchais "un peu d'adrénaline" : au tribunal de Paris, premières condamnations parmi les interpellés du 1er mai

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TRIBUNAL - Ils ont fait partie des premiers interpellés mercredi 1er mai lors de contrôles préventifs de police, aux abords du quartier Montparnasse. Les premiers ont comparu ce jeudi devant la 2e chambre correctionnelle du Tribunal de Grande Instance de Paris. Nous avons assisté à l'audience de trois d'entre deux.

"Il ne faut pas se tromper de procès. Aujourd'hui, ce n'est pas le procès des idées. Ce n'est pas le procès des Gilets Jaunes." Le ton est donné par le Parquet, à l'occasion de la toute première comparution immédiate de manifestants, au lendemain du 1er mai. 


Ce jeudi 2 mai, dans la salle d'audience 2.04 du Tribunal de Grande Instance de Paris, 3 profils assez différents font face à la juge. Une  étudiante de vingt ans originaire de Poitiers avec un casier vierge, un ouvrier aguerri aux manifestations des Gilets Jaunes mais décrit par la procureure comme un "bon père de famille", et enfin, un jeune homme de vingt ans venu à Paris la veille en train pour trouver "un peu d'adrénaline" et "visiter Paris". 

Interdiction de séjour à Paris

Les trois ont été interpellés dans le cadre de contrôles préventifs de police en fin de matinée mercredi 1er mai, bien avant le début de la manifestation. Et c'est ce qui a été trouvé dans leur sac qui leur a valu de passer devant le juge : masque à gaz à cartouche, billes, clous, protèges-tibias, lunettes de protection... et même pour le plus jeune, des vêtements noirs. Un équipement suffisamment suspect pour justifier une interpellation et une condamnation pour deux d'entre eux, pour "groupement en vue de commettre des violences volontaires et des destructions de bien". 


L'affaire de l'étudiante a été renvoyée au 3 juin prochain Elle souhaite préparer sa défense et est ressortie libre sous contrôle judiciaire. Le jeune homme a été condamné à trois mois de prison avec sursis, sous réserve d'effectuer 105 heures de travaux d'intérêt général, ainsi qu'une interdiction de séjour à Paris d'un an. La présence de vêtements noirs dans son sac n'a pas été retenue, finalement, comme un symbôle d'appartenance aux "Black blocs"; 


Enfin, le père de famille a écopé d'une peine plus lourde : trois mois d'emprisonnement, sans mandat de dépôt (pas de détention immédiate NDLR), avec interdiction de séjour à Paris pendant un an. Le tribunal s'est montré plus sévère en raison  des antécédents de l'intéressé et notamment d'une précédente interpellation en marge d'un autre cortège des Gilets jaunes pour laquelle il avait été relâché.  Il avait notamment filmé le saccage d'un magasin Nike.  

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