Jean-Marie Le Pen exclu du FN : la justice va-t-elle ordonner sa réintégration ?

Jean-Marie Le Pen exclu du FN : la justice va-t-elle ordonner sa réintégration ?
Justice

MOI PRÉSIDENT D'HONNEUR - Pour la quatrième fois, la justice va se prononcer ce mercredi sur la validité de l’exclusion du FN de Jean-Marie Le Pen. Le "Menhir" demande par ailleurs deux millions d'euros en réparation d'un "très grave préjudice".

Le cofondateur du Front national, Jean-Marie Le Pen, affronte ce mercredi son ex-parti au tribunal pour tenter de faire annuler son exclusion, prononcée en août 2015 après un long bras de fer avec sa fille Marine. Il espère ainsi que la justice ordonnera sa réintégration. Selon son entourage, le "Menhir" sera présent à l'audience du tribunal de grande instance de Nanterre.

Jean-Marie Le Pen avait été suspendu du FN en mai 2015 puis exclu le 20 août de la même année par le bureau exécutif, instance suprême du parti, après une série de provocations guère nouvelles sur le fond à propos de la Shoah et du maréchal Pétain. Elles étaient estimées pénalisantes pour la stratégie de "dédiabolisation" menée par sa fille.

A trois reprises, l'été dernier, la justice lui a donné raison. D'abord en annulant sa suspension puis, à deux reprises, en suspendant le congrès par correspondance censé supprimer son statut de président d'honneur. Pour ce quatrième round judiciaire, Jean-Marie Le Pen demande au tribunal d'annuler totalement son exclusion, "entachée", selon lui, d'"irrégularités de forme et de fond", et d'ordonner sa "réintégration parmi les membres" du parti.

Jean-Marie Le Pen s’imagine siéger à nouveau dans les instances dirigeantes du FN

En outre, celui qui se considére président d'honneur "à vie" du FN demande à la justice de dire "en tout état de cause" que son exclusion en tant que membre ne saurait le priver de ce titre et des prérogatives qui y sont attachées. Et donc lui permettre notamment de siéger à nouveau au sein des instances dirigeantes du parti.  Dénonçant "un grand nombre de voies de fait", il réclame enfin au Front national, qu'il a crée en 1972, deux millions d'euros en réparation d'un "très grave préjudice" porté à sa fonction de président d'honneur, mais aussi "à sa dignité, son honneur, sa notoriété et son action politique".

Dans l'attente de son hypothétique réintégration au FN, Jean-Marie Le Pen fait durer le suspense sur son éventuel soutien à sa fille et au parti qu'il a dirigé pendant près de 40 ans pour la présidentielle et les législatives de 2017. "Pour l'instant non", il ne soutiendra pas sa fille à la présidentielle, même s'il pourrait s'y "résigner". "Je le dis et le redis à Marine, si vous ne faites pas l'unité du FN (...), vous perdrez la bataille politique. Cette défaite sera irrémédiable", a-t-il aussi lancé la semaine dernière.

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