Accusation de viol : Nicolas Hulot retire sa plainte pour diffamation contre le magazine Ebdo

Accusation de viol : Nicolas Hulot retire sa plainte pour diffamation contre le magazine Ebdo

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JUSTICE - L'ex-ministre de la Transition écologique a retiré sa plainte pour diffamation contre le magazine Ebdo et les deux journalistes auteurs d'une enquête révélant une plainte dont il avait fait l'objet en 2008.

Il n'y aura pas de procès entre Ebdo, Laurent Valdiguié, Anne Jouan d'un côté, et Nicolas Hulot de l'autre. Alain Jakubowicz, l'avocat de l'ancien ministre de la Transition écologique, a annoncé que ce dernier avait retiré sa plainte en diffamation contre l'éphémère magazine. Ebdo avait publié le 9 février une enquête révélant la plainte pour viol dont il avait fait l'objet en 2008.

Une plainte pour viol datant de 2008

Cette plainte avec constitution de partie civile, avait été déposée en mars. Le parquet avait ensuite demandé la tenue d'un procès. Une procédure qui est donc aujourd'hui refermée, dix mois après le déclenchement de l'affaire. Pour son troisième numéro, Ebdo avait publié, sous la plume de Laurent Valdiguié et Anne Jouan, une enquête dans laquelle émergeait une plainte pour viol déposée en 2008 contre l'ex-présentateur télé, classée en suite, puisque les allégations remontaient à 1997. 


Il s'était ensuite avéré que la plaignante, non mentionnée dans l'article, était Pascale Mitterrand, petite-fille de l'ancien président. Elle en avait donné elle-même la confirmation au lendemain de la publication, regrettant la "tempête médiatique" autour de cette affaire. Une plainte dont Nicolas Hulot avait reconnu l'existence, tout en précisant que les faits avaient été prescrits.

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Nicolas Hulot va porter plainte contre Ebdo

L'article d'Ebdo mentionnait également des accusations de harcèlement sexuel de la part d'une ancienne collaboratrice à la Fondation Nicolas Hulot. Cette dernière, à l'époque contactée par LCI, avait démenti "toutes les rumeurs", "du harcèlement sexuel au protocole d'accord" mentionné par les deux journalistes.

La chute d'Ebdo après le scoop

Nicolas Hulot avait devancé la publication de l'article, au micro de Jean-Jacques Bourdin, contestant tout comportement inapproprié et dénonçant des rumeurs "ignominieuses". Lors de l'interview, il s'avançait même à dire que "les enquêteurs ont considéré à l'époque qu'il n'y avait absolument rien qui permettait de poursuivre". Une affirmation que ne confirmera pas la procureure de Saint-Malô, où avait été déposée la plainte, précisant que la prescription des faits avait entraîné le classement sans suite de la plainte. Un mois plus tard, il affirmait qu'il "ne pardonnerait jamais" au magazine.


L'enquête avait eu des conséquences fortes pour l'hebdomadaire lui-même, provoquant "une crise" en interne, une partie de la rédaction n'étant pas au courant de l'enquête, avait constaté son co-fondateur Laurent Beccaria. Le fait de publier une enquête avec des accusations placées sous le sceau de l'anonymat avait également valu à ses auteurs de nombreuses critiques dans la profession et dans le milieu des médias. Selon les informations de Libération, un gros investisseur avait même renoncé à financer le journal après l'affaire.


Faute d'avoir séduit les lecteurs et d'avoir trouvé des fonds suffisants, le magazine avait cessé de paraître au bout de trois mois. Son éditeur Rollin Publications, qui publiait aussi la revue XXI, avait ensuite été placé en liquidation judiciaire. Contacté par l'AFP, l'avocat de Thierry Mandon, ex-directeur de la publication du journal, a commenté avec acidité le retrait de la plainte : "Nicolas Hulot se désiste opportunément [...] d'une action en diffamation sur laquelle il a abondamment communiqué mais qui promettait de tourner à son désavantage".

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