Le Conseil d'État annule l'extradition vers la Russie de l'opposant kazakh Abliazov

Le Conseil d'État annule l'extradition vers la Russie de l'opposant kazakh Abliazov
Justice

EXTRADITION - Le Conseil d'Etat a tranché. L'opposant kazakh Moukhtar Abliazov ne sera pas extradé vers la Russie. L'instance française estime que "l'Etat doit refuser l'extradition d'un étranger lorsqu'elle est demandée dans un but politique".

Moukhtar Abliazov va recouvrer la liberté. Le Conseil d’Etat a annulé ce vendredi 9 décembre un décret d'extradition vers la Russie qui le visait. Incarcéré sur le territoire français depuis trois ans et demi pour détournements de fonds, cet opposant kazakh était réclamé depuis par les Russes et les Ukrainiens.

"Il existe des raisons sérieuses de croire que l'extradition de M. Abliazov est demandée dans un but politique et qu'elle ne pouvait donc pas légalement être accordée", a conclu le Conseil d'Etat.

Arrestation impressionnante

Moukhtar Abliazov est accusé par le Kazakhstan d’avoir détourné plus de 5 milliards de dollars. Visé par une notice rouge d’Interpol (message d’alerte international), il a été arrêté le 31 juillet 2013 sur la Côte d’Azur après une vaste opération de police. Une intervention permise par les informations de la banque BTA qui avait engagé des détectives privés, eux-mêmes informés par une de ses anciennes maîtresses.

Actionnaire de la banque BTA de 2004 à 2009, il est accusé par le régime de Noursoultan Nazarbaïev d’avoir fait perdre des milliards à l'établissement bancaire et surtout d’avoir détourné plus de 5 milliards de dollars. Son de cloche inverse pour ses défenseurs, pour qui il serait un opposant persécuté par le régime depuis l’époque soviétique.

Sa tête mise à prix en Russie ?

En prison à Fleury-Mérogis depuis plus de trois ans et demi, sa détention posait question. La France ne pouvait le poursuivre faute de traité bilatéral avec le Kazakhstan, mais l’Ukraine et la Russie voulaient son extradition. Les deux pays l’accusent en effet d’avoir escroqué des investisseurs à hauteur de dizaines de millions d’euros.

Les défenseurs de M. Abliazov craignaient que la Russie ne livre l'opposant kazakh au régime du président Noursoultan Nazarbaïev. Un avis partagé par les Nations unies qui croient à un risque de "torture" s’il devait revenir.

La France avait refusé jusqu’à présent sa libération par peur de fuite. A maintes reprises, M. Abliazov a mis en avant son statut de réfugié politique en Grande-Bretagne, un statut fictif depuis sa condamnation à 22 mois de prison pour outrage à la justice.

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