La garde à vue de Murielle Bolle annulée, les "enquêteurs" des réseaux sociaux se replongent dans l'affaire Grégory

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L'affaire Grégory

ENQUÊTE EN LIGNE – L’annulation de la garde à vue de Murielle Bolle, dans le cadre de "l’affaire Grégory" ne cesse de faire parler d’elle. D’autant plus dans les groupes Facebook qui promettent de résoudre cette énigme longue de plus de trente ans. On y a fait un tour.

Apprentis enquêteurs, commentateurs assidus ou simples curieux. Ils sont des dizaines de milliers à être membres de groupes Facebook qui multiplient les interactions autour de la tristement célèbre "affaire Grégory". Alors, forcément, lorsqu'est tombée la décision de la Cour d'appel de Paris, annulant jeudi 16 janvier la garde à vue de Murielle Bolle, l'ambiance s'est considérablement agité dans ces espaces de discussion.

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Entre questions et rappel des faits, chacun cherche la "vérité"

Ces groupes, dont certains, fermés, demandent de répondre à un quiz, pour assister aux échanges, ont trouvé une seconde jeunesse fin 2019. La diffusion d’une série documentaire sur l’enquête autour de la mort de Grégory Villemin dans les Vosges en 1984, a provoqué un afflux de nouvelles personnes espérant, elles aussi, trouver le fin mot de l'histoire. La décision de justice y était donc très attendue. Si bien que, dans l’un des groupes qui veut aller "vers la vérité", on s’était préparé. Dans les "annonces" de l’administrateur, en tête du groupe, un rappel des faits à la précision surprenante trône depuis le 13 janvier. Numéro du procès-verbal concerné, retour sur les propos tenus en garde à vue, calendrier exact… C’est pourquoi, aussitôt l’avis de la cour d’appel rendu public, annulant une partie des déclarations faites en garde à vue par Murielle Bolle, la déception domine dans les commentaires. "Je suis dégoûté", résume simplement un commentaire, face à la perte de ces six pages précieuses. 

Après la stupeur, l’incompréhension. Les curieux ou les néophytes ont du mal à comprendre la décision de la cour d'appel de Paris. "Pouvez-vous éclairer ma lanterne, je ne comprends pas ?", demande une internaute. "A quoi sert-il d'annuler la garde à vue mais pas les déclarations ?" Une question pas si absurde. Car en réalité, la chambre de l'instruction de la cour d'appel n'a pas annulé la totalité des déclarations de l'adolescente, alors âgée de 15 ans. Contrairement à ce que demandaient les avocats, ne sont pris en compte ni ses propos devant les gendarmes - avant le début officiel de cette garde à vue - ni son interrogatoire devant le juge Jean-Michel Lambert quelques jours plus tard. Cette annulation, trente ans plus tard, ne change, en somme, pas grand-chose à l’enquête.

Chacun partage son "intime conviction"

Alors, les plus assidus du groupe développent leur opinion. Ou plutôt ce qu'ils appellent leur "intime conviction" : Murielle Bolle veut "gagner du temps", car elle est "la clé du mystère". "C'est une manœuvre des avocats pour faire traîner un peu plus les choses", assure un enquêteur en herbe, "c’est ce que j’avais compris", lui répond un autre. "Ils utilisent toutes les astuces possibles pour faire traîner l'affaire", commente une internaute à qui on rétorque que cette stratégie "marche depuis 36 ans". Comme à l’époque, les propos deviennent rapidement virulents envers celle qui n’était alors qu’une adolescente. "Coup de théâtre pitoyable", s’insurge un commentateur, au milieu de ceux qui l’accusent de mentir. Et d’ajouter "Murielle dormira-t-elle mieux la nuit ?"

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D’autres, plus patients, se rassurent : des pièces existent et la suite ne devrait pas tarder. "Le principal, c’est que ses déclarations restent valides", souligne une internaute. "Tout espoir reste permis", écrit un autre chercheur de vérité. Un espoir évidemment partagé par les protagonistes, les vrais. Comme ces curieux d’internet, l’avocat des parents du petit Grégory dit "espérer que l'enquête va aboutir". Auprès de LCI, François Saint-Pierre, qui représente les époux Villemin, y croit dur comme fer : les investigations vont continuer, et cette annulation ne "change strictement rien au cours de la justice"

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