La justice ordonne le blocage du site raciste et homophobe "Démocratie participative"

La justice ordonne le blocage du site raciste et homophobe "Démocratie participative"

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FACHOSPHÈRE - Un blocage "définitif et illimité" du site raciste et haineux "Démocratie participative" a été ordonné, mardi 27 novembre, par la justice française, qui a estimé que cette page menaçait l'ordre public.

"Démocratie participative" est l'un des sites les plus haineux de la fachosphère. Mais il devrait disparaître des écrans français d'ici quinze jours. C'est en tout cas ce que la justice a ordonné, mardi 27 novembre, aux principaux opérateurs télécoms du pays. Ainsi, Orange, SFR, Free et Bouygues Telecom, par exemple, devront empêcher tout accès au site depuis la France et ce, de manière "définitive et illimitée".


C'est la première fois que les juges des référés sont saisis par le parquet de Paris pour bloquer un site par cette voie procédurale. Mesure d'urgence, elle était cependant la seule voie possible selon les procureurs, interrogés lors de l'audience, le 8 novembre dernier. Car le site fait déjà l'objet d’une dizaine enquêtes, un peu partout en France et notamment à Paris et à Grenoble. Mais les investigations n'ont pas permis d'identifier ses auteurs et hébergeurs, rendant impossible une poursuite pénale. 

Les juges des référés ont donc ordonné à neuf fournisseurs de bloquer l'accès à ce site depuis la France sous 15 jours maximum et ce sans aucune limite de temps. Passé ce délai, les fournisseurs seront condamnés à payer 10.000 euros par jour de retard, selon la décision du tribunal consultée par Le Monde. Une décision qui devrait être facilement acceptée, les opérateurs ayant déjà fait savoir qu'ils se conformeraient à une injonction de ce type, bien qu’ils aient requis une limitation à un an, qui n'a pas été acceptée. 

Des propos orduriers contre toutes les minorités

Les raisons d'un tel blocage ? Étouffer une déferlante de propos racistes, antisémites et homophobes qui dure depuis 2016, date de la création du site. Ainsi, le tribunal a estimé que "Démocratie participative" menaçait "l'ordre public". Il a dénoncé des "mots d'une extrême violence et qui exhortent en même temps au passage à l'acte violent contre des personnes en raison de la religion, de l'origine ou de l'orientation sexuelle".


Et pour cause, un rapide coup d’œil sur le site montre rapidement l'ampleur des propos orduriers qui affluent sur ce site web depuis trois ans, en toute impunité. Certaines personnalités publiques y sont appelées "nègres", "juifs maléfiques" ou "youpins hideux". Au contraire, Jacline Mouraud, figure médiatique des Gilets jaunes, y est mise sur un piédestal et décrite comme "une héroïne aryenne du peuple". De façon plus globale, on peut y trouver des rubriques au nom très explicites tels que :  "guerre raciste" ou "guide racial des villes". 


Un florilège de propos haineux, le tout sous un photomontage où des nazis sont transformés en Gilets jaunes, qui devaient donc être condamnés. "Ca fait neuf mois qu'on faisait des signalements sur ce site", a ainsi souligné Frédéric Potier, délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT. Ce dernier a même espéré, dans des propos recueillis par l'AFP, que cette décision allait "en appeler d'autres". 

Car pour cette décision historique étaient présents, par le biais des avocats, des associations de lutte contre le racisme, l’homophobie et l’antisémitisme, mais aussi des victimes civiles. Parmi elles était représenté notamment Aurélien Enthoven, fils du chroniqueur Raphaël Enthoven et de la chanteuse Carla Bruni. Et copieusement harcelé sur le site à de multiples reprises alors qu'il n'avait que 16 ans. Son avocat, Richard Malka, a donc salué, auprès de l'AFP, "un petit pas judiciaire pour un grand pas dans la régulation d'internet". 

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