La justice réduit de 2 à 1 million d'euros la saisie d'aides publiques du Rassemblement national

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GROS SOUS - Ce mercredi, la justice a réduit de deux à un million d'euros la saisie d'aides publiques du Rassemblement national ordonnée par les juges qui enquêtent sur les soupçons d'emplois fictifs au Parlement européen du parti de Marine Le Pen.

Marine Le Pen continuera-t-elle de parler de "coup d'Etat", d'"assassinat politique" et de "persécution" pour qualifier la saisie d'aides publiques ordonnée par la justice à l'encontre de son parti ? Ce mercredi, le parquet général a finalement décidé d'abaisser de deux à un million d'euros le montant saisi au Rassemblement national. Il a confirmé l'ordonnance signée le 28 juin dernier par les juges d'instructions financiers Renaud Van Ruymbeke et Claire Thépaut, mais en a réduit la somme prélevée de moitié. L'épreuve de force va toutefois continuer devant la Cour de cassation.


En effet, dans un communiqué publié peu de temps après la décision de la Cour, le parti, tout en se réjouissant que "l'arrêt de la chambre d'instruction désavoue de façon inhabituelle l'outrance de l'ordonnance", a annoncé qu'il saisirait la Cour "sur le principe". 

La mesure, que le parti contestait aussi bien sur le fond que la forme, privait le Rassemblement national d'une partie de l'avance qu'il devait percevoir début juillet sur l'aide publique (4,5 millions d'euros par an) calculée selon ses résultats aux législatives. Depuis l'été, le parti a agité la menace d'un dépôt de bilan et lancé un appel aux dons pour "payer les salaires". Il a récolté 600.000 euros selon sa présidente.


Dans ce dossier, Marine Le Pen a été mise en examen pour "complicité d'abus de confiance", tout comme le parti, et elle doit être réentendue en octobre par les juges.


Les magistrats ont ordonné cette saisie car ils avaient peur que le parti, très endetté, s'en serve pour rembourser ses emprunts et ne soit plus en mesure de payer les amendes et les dommages et intérêts en cas de condamnation à un procès.

Le Parlement européen lésé de 7 millions d'euros

Les juges soupçonnent le parti et sa présidente d'avoir "de manière concertée et délibérée" organisé un "système de détournement" des fonds européens réservés à l'emploi d'assistants parlementaires pour faire des économies sur la masse salariale de l'ex-FN, selon leur ordonnance. Le Parlement européen évalue son préjudice à près de 7 millions d'euros entre 2009 et 2017. Pour calculer le montant de la saisie, les juges ont retenu les salaires versés à neuf collaborateurs pour lesquels il existe des "indices suffisants".

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