Le "couple de la Contrescarpe" molesté par Benalla et Crase jugé pour violences contre des policiers

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Benalla, l'affaire sans fin

COMPARUTION - Le "couple de la Contrescarpe", ce couple violemment interpellé par Alexandre Benalla sur la place du même nom à Paris le 1er mai 2018, passe devant le tribunal correctionnel vendredi 8 février. La justice leur reproche d’avoir jeté des projectiles sur les forces de l’ordre ce jour-là, ce qui aurait poussé l’ancien conseiller d’Emmanuel Macron à intervenir.

C’est de leur violente interpellation, le 1er mai dernier à Paris, qu’est partie l’affaire Benalla : Chloé P. et Georgios D, le couple filmé en train d’être molesté par Alexandre Benalla, sont jugés vendredi 8 février pour violences envers des policiers. Tous deux se voient reprocher d’avoir jeté des projectiles contre les forces de l’ordre, place de la Contrescarpe.

Un rassemblement pour le 1er mai sur cette place du Quartier latin avait dégénéré, après une traditionnelle journée de manifestations émaillée de violences. Georgios D., cuisinier grec de 29 ans, et sa compagne Chloé P., graphiste française de 30 ans, étaient jusque-là inconnus de la police et de la justice. Le couple affirme être simplement sorti boire un verre pour fêter les six ans de leur relation, lorsqu’il s’est retrouvé pris dans les heurts, au cours desquels le jeune homme a reconnu avoir jeté une carafe d'eau vers les CRS, et sa compagne un objet qui pourrait être un cendrier. Des images de vidéo-surveillance, partagées au coeur de la tempête médiatique cet été dans un cadre illégal, avaient effectivement démontré leur comportement véhément à l'égard des forces de police.

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Peu après ces jets de projectiles, le couple avait été filmé en train d'être rudoyé par Alexandre Benalla, présent au côté des forces de l'ordre en qualité d'"observateur", et par Vincent Crase, gendarme réserviste alors employé de La République en marche, point de départ du scandale qui ébranle l'exécutif depuis l'été. Les deux hommes avaient remis le couple à la police.

Réaction "sanguine" d'un côté, "réflexe citoyen" de l'autre

Les jeunes gens avaient cependant été remis en liberté le soir-même, et n'avaient été placés en garde à vue qu'en octobre dans le cadre d'une enquête préliminaire du parquet. La police, débordée le 1er mai, avait en effet donné la priorité aux personnes soupçonnées d'être des casseurs. Dans des interviews accordées en septembre au Monde et à l'émission Quotidien, le "couple de la Contrescarpe", comme l'ont surnommé les médias, a décrit et "regretté" une réaction "sanguine" au comportement des CRS.

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EXCLU - Invités : Chloé et Georgios, le couple molesté par Alexandre Benalla place de la Contrescarpe

"La justice les a convoqués, ils se présenteront donc devant le tribunal pour s'expliquer des faits qui leur sont reprochés", assure à l'AFP leur avocat, Sahand Saber.

Chloé P. et Georgios D. sont par ailleurs parties civiles dans l'enquête visant Alexandre Benalla. C'étaient "les deux personnes les plus virulentes", avait dit d'eux l'ancien collaborateur de l'Elysée lors de sa garde à vue le 20 juillet, selon son audition dont a eu connaissance l'AFP. Lors de sa dernière audition au Sénat, il avait justifié son intervention au titre de l'article 73 du code de procédure pénale, qui autorise des citoyens ordinaires à aider la police quand il est témoin de violences. Une défense fragilisée par les témoignages des forces de l'ordre sur place, qui n'ont jamais jugé son intervention comme une véritable "plus-value".

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Pour les faits du 1er-Mai, Alexandre Benalla a été mis en examen pour "violences en réunion" et "immixtion dans l'exercice d'une fonction publique", place de la Contrescarpe mais aussi au Jardin des plantes où il avait mené un peu plus tôt une interpellation musclée. Il nie toute forme de violences et assure avoir agi par "réflexe citoyen". L’ancien conseiller d’Emmanuel Macron est par ailleurs mis en examen pour l’usage abusif de ses passeports diplomatiques. Plus récemment, il est accusé, au moyen d'un enregistrement dévoilé par Mediapart, d'avoir violé son contrôle judiciaire en rencontrant son complice Vincent Crase.

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