Le député LaRem Thierry Solère mis en examen pour détournement de fonds publics, fraude fiscale et trafic d'influence

Justice

JUSTICE - Le député LaRem a été mis en examen, vendredi 11 octobre, pour des faits s'étant déroulés entre 2003 et 2017, dans le cadre d'activités de conseil qu'il menait en parallèle de ses mandats.

Ses activités de conseil dans le privé sont considérées comme suspectes par les juges: le député La République en marche Thierry Solère, visé par une instruction à Nanterre, a été mis en examen, vendredi 11 octobre, de sept chefs d'accusation, dont  fraude fiscale, détournement de fonds publics et trafic d'influence passif.

Des activités de conseil dans le viseur

Le député des Hauts-de-Seine, 48 ans, transfuge des Républicains et proche d'Edouard Philippe, qui a toujours nié les faits, s'est expliqué pendant cinq jours auprès de trois juges d'instruction du pôle économique et financier de Nanterre, chargé depuis quelques mois des investigations le concernant. Les faits qui lui sont reprochés se sont déroulés entre 2003 et 2017, et concernent ses activités de conseil dans le privé, qu'il pratiquait en parallèle.

Il lui est également reproché d'avoir usé de sa position d'élu pour favoriser certaines sociétés pour lesquelles il travaillait, afin que ces dernières obtiennent des contrats publics. Ainsi, c'est l'embauche comme assistante parlementaire de l'épouse de l'ex-dirigeant d'une de ces sociétés qui éveille la curiosité des enquêteurs. 

Lire aussi

Solère nie toute infraction

Ce dossier a déjà fait une "victime", en la personne de l'ancien ministre de la Justice Jean-Jacques Urvoas, condamné à un mois de prison avec sursis et 5000 euros d'amende pour avoir transmis à Thierry Solère des éléments sur cette enquête. La justice l'a jugé coupable de "violation du secret professionnel".

De son côté, Thierry Solère, ex-questeur de l'Assemblée nationale, qui a gagné en notoriété en organisant la primaire de la droite et du centre en 2016, avant de lâcher François Fillon en pleine campagne présidentielle et de rejoindre la majorité présidentielle, nie toute implication. "Nous contestons formellement l'intégralité des motifs de ces accusations", ont réagi l'élu et ses avocats auprès de l'AFP, qui jugent l'affaire "délirante". Le fondateur des Constructifs a déposé en janvier 2019 une plainte pour "faux" visant indirectement la procureure de Nanterre et sa supérieure hiérarchique de l'époque. Il estimait que la magistrate avait basé sa demande de levée d'immunité parlementaire sur des informations qu'elle savait erronées. Une plainte classée sans suite en mars.

Lire et commenter