Le faux médecin Jean-Claude Romand, condamné pour le meurtre de sa famille, restera en prison

Le faux médecin Jean-Claude Romand, condamné pour le meurtre de sa famille, restera en prison
Justice

JUSTICE - Le faussaire emprisonné pour l'assassinat de sa femme, ses deux enfants et ses deux parents en 1993 se présentait à nouveau devant la justice, vendredi 8 février, pour une demande de liberté conditionnelle examinée. Une demande rejetée.

La demande de libération conditionnelle du faux médecin Jean-Claude Romand, condamné à la perpétuité pour le meurtre de sa famille en 1993, a été rejetée par le Tribunal de grande instance de Chateauroux, vendredi 8 février, a annoncé le parquet. L'examen de cette demande avait été repoussé à deux reprises à la fin de l'année 2018. Un nouvel épisode dans l'histoire de ce sexagénaire, parsemée de mensonges, d'escroqueries et de meurtres.

Retranché dans ses mensonges

Dix-huit ans de mensonge entamés en 1975, quand il loupe de peu son examen de passage en troisième année de médecine. Il fera croire à ses proches qu'il poursuit de brillantes études, qui lui valent de devenir cardiologue et médecin chercheur à l'OMS de Genève. "Pour nous, il était médecin, et je sais, pour avoir rencontré d'autres médecins, qu'il avait fait illusion auprès d'autres confrères", racontait à TF1 son ancien "confrère" Rémy Rebouillet en 1993. 

Mythomane, il passe ses journées entre la bibliothèque de l'OMS, où ses connaissances en matière médicale s'étoffent, ce qui lui permet aisément de donner le change, et sa voiture. Il assure son train de vie en arnaquant parents et amis, leur promettant des placements particulièrement rentables en Suisse. Pour se protéger, dans un premier temps, il rembourse ses prêteurs avec les sommes empruntées aux autres. Mais face aux demandes persistantes de ceux-ci quant au retour sur investissement tant promis et pas présent, Jean-Claude Romand cède en même temps que le mur de ses mensonges se fissure. 

Au bord d'être démasqué, l'imposteur tue sa femme avec un rouleau à pâtisserie puis ses deux enfants, qu'il tue d'un coup de carabine. Se rend ensuite chez ses parents pour y déjeuner et les tue de plusieurs balles dans le dos. Puis il tente de tuer sa maîtresse, qu'il avait aussi escroquée, mais l'épargne. Il tente ensuite de se suicider, en avalant des barbituriques et en allumant un incendie dans sa maison. Incendie dont il sortira vivant, sauvé par les pompiers."

"C'est un monstre"

En dépit des retours pénitentiaires qui font de lui un détenu modèle, la question de la remise en liberté de Jean-Claude Romand n'en était pas moins posée. C'est ce que notait Emmanuel Crolet, frère de Florence Romand, l'épouse assassinée du faussaire, qui doute que ce dernier ait conscience de la portée de ses crimes. "C'est un criminel, un mythomane dont personne ne sait qui il est, disait-il à LCI. Lui, il a dit qu'il était un monstre. Et effectivement, c'est un monstre. Est-ce qu'un monstre a le droit de revenir dans notre société ?"

La question de la réinsertion du faux médecin, âgé de 64 ans, se posait également. Si une entreprise s'était dite prête à l'accueillir, en cas d'acceptation de la demande, il aurait vraisemblablement dû porter un bracelet électronique.

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