Le juge qui a libéré Bertrand Cantat fustige la "dictature de l’émotion"

Le juge qui a libéré Bertrand Cantat fustige la "dictature de l’émotion"
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Bertrand Cantat, l’impossible retour ?

POLÉMIQUE - Alors que la Une des Inrockuptibles consacrée à Bertrand Cantat créé la polémique, le juge qui a libéré le chanteur il y a maintenant dix ans a réagi ce samedi dans les colonnes du Parisien.

"Cela fait dix ans exactement, le 15 octobre 2007, que Bertrand Cantat a obtenu sa libération conditionnelle, mais les passions sont toujours aussi vives", reconnaît Philippe Laflaquière. Le juge qui a libéré Bertrand Cantat revient sur cette "affaire exceptionnelle", après que le magazine Les Inrockuptibles  vient de consacrer sa Une au chanteur. La promotion de celui qui, en 2003, a tué à coups de poing sa compagne Marie Trintignant dans une chambre d'hôtel en Lituanie, a déclenché une vague de protestations.

 "Je pense que le temps est venu pour moi de rappeler un certain nombre de choses" indique-t-il dans les pages du Parisien. L'ancien vice-président de l’application des peines à Toulouse dit comprendre "l’émotion suscitée par la une de ce magazine, mais pas les réactions incroyablement violentes, parfois haineuses." Selon lui, l'affaire "a été traitée de manière tout à fait normale sur le plan judiciaire." 

Reconnu coupable d'avoir tué sa compagne et condamné à 8 ans de prison, Bertrand Cantat a été libéré en 2007 parce que "son dossier remplissait tous les critères exigés par la loi : comportement irréprochable, psychothérapie, indemnisation complète des parties civiles, et bien sûr une activité professionnelle à la sortie", rappelle l'ex-magistrat. Pour autant, il indique avoir "subi des attaques et des menaces de mort".

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Philippe Laflaquière se refuse à voir en cet homme un symbole des violences conjugales et regrette une "dictature de l'émotion". 

Il avoue également avoir "été bouleversé" par le suicide de Krisztina Rady, la femme du chanteur, il estime qu'"il n’y avait strictement aucune raison de refuser cette libération justifiée et méritée, au motif que le détenu était célèbre". Il  reconnait cependant que Bertrand Cantat ne pourra jamais bénéficier du "droit à l’oubli". "De toute façon, lui-même n’oubliera jamais ses actes", estime-t-il.

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