Le meurtre de Nelly Haderer restera-t-il un cold case ? 30 ans après, un ultime espoir pour la famille

Le meurtre de Nelly Haderer restera-t-il un cold case ? 30 ans après, un ultime espoir pour la famille

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JUSTICE - La chambre de l'instruction de Nancy doit rendre ce jeudi 7 décembre sa décision sur l'appel de la famille de Nelly Haderer, une jeune femme tuée en 1987 dont le meurtre est resté non élucidé après l'acquittement du principal suspect. Les proches réclament de nouvelles auditions de Jacques Maire après la révélation d'une expertise ADN qui le confondrait et de nouveaux témoignages.

Pour les proches de Nelly Haderer, c’est peut-être la dernière chance de savoir…  Trente ans après le meurtre de la jeune femme, dont le corps avait été retrouvé atrocement mutilé en Meurthe-et-Moselle, restent un crime sans coupable et de trop nombreuses questions en suspens. Jeudi 7 décembre, la chambre de l’instruction de Nancy doit rendre une décision importante : casser l’ordonnance de non-lieu délivrée en juin par le juge en charge de cette enquête à multiples rebondissements, ou la confirmer et classer définitivement le dossier dans les "cold case", ces grands affaires non élucidées. 


Le crime remonte à la nuit du 30 au 31 janvier 1987. Le corps de Nelly Haderer, une mère de famille âgée de 22 ans, est retrouvé dénudé et mutilé dans une décharge communale de Saint-Nicolas-de-Port. Elle a été tuée de deux balles de carabine 22 long rifle. Après des années d’atermoiements, Jacques Maire, un ancien maçon, sera mis en examen pour ce meurtre et l’enlèvement d’une autre jeune femme, Odile Busset, disparue en 1983 et dont le corps n’a jamais été retrouvé. S’ensuit un premier procès en 2004, à l’issue duquel Jacques Maire est acquitté pour la première affaire et condamné à 15 ans de prison pour la seconde. En 2006, après appel devant la cour d’assises des Vosges, Jacques Maire écope de 20 de réclusion dans les deux dossiers. Mais le verdict est finalement cassé par la Cour de cassation pour vice de forme. L’affaire finira devant la cour d’assises de la Moselle, devant laquelle il sera définitivement acquitté des deux meurtres en 2008. 

La famille réclame "des explications"

En dépit de ce marathon judiciaire jusque-là vain, les proches de Nelly Haderer ne baissent pas les bras. Ils demandent, sur la base des progrès de la science, de nouvelles analyses ADN. Et en 2014, un véritable coup de théâtre survient lorsqu’un échantillon ADN prélevé sur le jean de la victime parle : il s’agit de celui de Jacques Maire, révèle à l’époque l’Est Républicain. De nouveaux témoignages qui établiraient que l'homme connaissait la jeune femme - ce qu’il a toujours contesté - viennent également grossir le dossier. 


Mais l'ancien suspect numéro 1 a été définitivement acquitté. Et le juge d’instruction nancéien a estimé en juin dernier que la justice ne pouvait aller plus loin. La famille a donc fait appel. "Nous demandons que l’instruction ne soit pas close et que Jacques Maire soit entendu en qualité de témoin sur les derniers éléments du dossier", explique à LCI Me Pierre-André Babel, l'un des avocats de la famille. Ceux de l’intéressé n'ont pu être joints. En 2014, Jacques Maire avait clamé son "innocence" lors d'une conférence de presse. "Moi aussi, je veux savoir qui est le coupable. Je n'ai rien à cacher, rien à me reprocher", avait déclaré le père de famille, qui avait rappelé avoir fait deux ans de prison "injustifiés" et avoir toujours réclamé des analyses ADN. 


Sauf "évolution de la loi", l'homme ne risque plus rien. "Aujourd’hui, le but de la famille n’est pas d’obtenir la condamnation de qui que ce soit, fait valoir l’avocat. Elle veut simplement obtenir des explications et la vérité".  

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