Le polémiste d'extrême-droite Alain Soral condamné à un an de prison ferme pour négationnisme

Justice

JUSTICE - Le tribunal correctionnel de Paris a condamné Alain Soral à un an de prison ferme pour contestation de l'existence de la Shoah. L'essayiste a indiqué qu'il comptait faire appel.

L'essayiste d'extrême droite, Alain Soral a été condamné lundi 15 avril par le tribunal correctionnel de Paris à un an de prison 

ferme assorti d'un mandat d'arrêt, pour contestation de l'existence de la Shoah. L'essayiste, condamné pour avoir publié sur son site des conclusions litigieuses de son avocat dans une autre affaire, n'était pas présent à la lecture du délibéré. Son conseil, Damien Viguier, a été condamné à 5.000 euros d'amende pour complicité, en raison du contenu de ces conclusions.

Le parquet avait requis six mois de prison ferme contre Soral, et 15 000 euros d’amende contre Damien Viguier. 

Alain Soral a fait appel de sa condamnation même si cela ne suspend pas son placement en détention. Néanmoins, il pourra faire une demande de remise en liberté dans l'attente de son jugement en appel. Son compte officiel a posté un message sur les réseaux sociaux ainsi que plusieurs hashtag dénonçant des "persécutions".

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L'affaire remonte à avril 2016. Le site d’Alain Soral, Egalité et Réconciliation, avait publié un dessin représentant une page de journal titrée "Chutzpah Hebdo". On pouvait y voir le visage de Charlie Chaplin devant l’étoile de David, avec dans une bulle la question "Shoah où t’es ?", référence à une Une de Charlie Hebdo publiée après les attentats de Bruxelles, "Papa où t’es ?".

Pour le tribunal correctionnel de Paris,  le dessin laissait penser "qu’il serait légitime de s’interroger sur l’existence de la Shoah" et insinuait "chez le lecteur que l’idée de la Shoah serait non une réalité indiscutable mais une fabrication de l’esprit". Le tribunal l'avait donc condamné à trois mois de prison ferme en mars 2017 pour contestation de crime contre l’humanité et injure raciale. En janvier 2018, La cour d’appel avait finalement amoindri sa peine, le condamnant à 10.000 euros d’amende qui, s’ils n'étaient pas payés, se transformeraient en emprisonnement. Une décision confirmée le 26 mars dernier.

Dans cette même affaire, le site Egalité et réconciliation avait publié en novembre 2017 des conclusions litigieuses de son avocat, lequel citait notamment des propos du négationniste Robert Faurisson. La Licra et l'Union des étudiants juifs de France avaient signalé ces propos au parquet.

La Licra, partie civile aux côtés du MRAP et de l'UEJF,  a salué dans un communiqué "la fermeté de cette décision". "Multirécidiviste des condamnations pénales, Alain Soral est un activiste qui propage la haine antisémite. A travers cette décision, chacun doit savoir que la contestation de la Shoah n’est pas une opinion", a estimé l'organisation, qui demande aux hébergeurs de contenus de "fermer les comptes d'Alain Soral" et de son mouvement, Egalité et réconciliation. 

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