Le procès de Bernard Tapie pour escroquerie et détournement de fonds publics s'est ouvert lundi

Justice
DirectLCI
JUSTICE - L'homme d'affaires est jugé depuis le lundi 11 mars dans l'affaire de l'arbitrage frauduleux de 2008 qui lui avait permis d'obtenir 403 millions d'euros pour solder un vieux litige avec le Crédit Lyonnais dans la vente d'Adidas.

Cheveux blancs et costume sombre. Bernard Tapie est arrivé discrètement, lundi après-midi,  au tribunal de Paris où il doit être jugé pour "escroquerie" et "détournement de fonds publics". A ces côtés, cinq autres co-prévenus, dont Stéphane Richard, l'actuel patron d'Orange. 


Lui qui a stoppé tout traitement médical pour se défendre au mieux, est arrivé amaigri mais l'air combatif. "Profession déclarée : acteur", lui lance la présidente du tribunal à l'ouverture de la séance. D'un geste de la tête, il confirme. Devant un public aussi nombreux que curieux, la présidente détaille alors le passé judiciaire de celui qui fut le patron de l'OM. 165 jours de prison pour un match truqué, deux ans de sursis pour abus de biens sociaux, condamnation pour fraude fiscale... Au total, il aura été condamné six fois entre 1995 et 1999. Sourire en coin, l'homme d'affaires écoute son palmarès. 

" Ici, on n'est pas au spectacle! "

Puis viennent les premiers échanges. La défense et l'accusation échange des joutes verbales, Tapie, lui, y ajoute son commentaire. Tout l'enjeu de cette première demi-journée d'audience était de savoir si le tribunal allait accepter les demandes de renvoi et d'annulation formulées par la défense. Les avocats de Tapie et Lantourne demandent notamment l'annulation de l'ordonnance de renvoi, au motif que leurs clients sont poursuivis pour des faits pour lesquels ils n'ont pas été mis en examen.  


Lorsqu'arrive la suspension de séance, l'homme d'affaires improvise une conférence de presse pour expliquer à quel point les journalistes se trompent sur les chiffres donnés dans cette affaire qui l'oppose depuis les années 1990 au Crédit Lyonnais. "Ici, on n'est pas au spectacle !" le rappelle à l'ordre la présidence. Le tribunal rendra sa décision à la reprise de l'audience, ce mardi à 13h30. En cas de poursuite des débats, Bernard Tapie devrait être auditionné dès mardi.

Comparaissent à ses côtés son ancien avocat Maurice Lantourne, l'un des trois arbitres ayant rendu la sentence frauduleuse, Pierre Estoup, le patron d'Orange Stéphane Richard, directeur de cabinet de la ministre de l'Economie Christine Lagarde à l'époque des faits, et les deux ex-dirigeants des entités chargées de gérer le passif du Crédit Lyonnais, Jean-François Rocchi et Bernard Scemama. Ils sont accusés d'avoir organisé ou de s'être rendus complices d'une "escroquerie", à travers un arbitrage qu'ils savaient favorable à l'ancien patron de l'Olympique de Marseille. 

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter