Tuerie du Musée juif de Bruxelles : le procès du Français Mehdi Nemmouche s'est ouvert

Tuerie du Musée juif de Bruxelles : le procès du Français Mehdi Nemmouche s'est ouvert
Justice

PROCÈS - Le procès du Français Mehdi Nemmouche, accusé d'avoir assassiné quatre personnes au Musée juif de Bruxelles en mai 2014, s'ouvre ce jeudi en sa présence devant la cour d'assises de la capitale belge. Il encourt la perpétuité et le procès doit durer jusqu'au 1er mars prochain.

Les familles l'attendaient depuis longtemps... Le procès de Mehdi Nemmouche, accusé d'avoir tué quatre personnes au Musée juif de Bruxelles en mai 2014, s'est ouvert aujourd'hui devant la cour d'assises de Bruxelles. L'homme est jugé pour "assassinat terroriste", avec Nacer Bendrer, son complice présumé. Il encourt la prison à perpétuité. 

Ce procès sous très haute surveillance doit se tenir jusqu'au 1er mars prochain et près d'une centaine de témoins seront entendus par la justice. Les audiences de jeudi et vendredi seront consacrées à la lecture de l'acte d'accusation, un document de plus de 200 pages. 

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Un procès attendu avec des preuves "accablantes"

A l'ouverture du procès, Nemmouche est arrivé en pull-over orange, escorté de policiers cagoulés. Il a décliné son identité puis a indiqué qu'il était sans profession, originaire de la ville de Roubaix et actuellement résident à "la maison d'arrêt de Nivelles" en Belgique, a-t-il précisé. Mais au-delà de la lecture de l'acte d'accusation, cette audience s'annonce d'ores et déjà comme un bras de fer entre les accusés qui nient tous deux les faits et les parties civiles qui estiment que les preuves rassemblées dans ce dossier sont "accablantes".

Selon l'accusation, Mehdi Nemmouche a ouvert le feu dans le hall d'entrée du Musée juif, tuant un couple de touristes israéliens, une bénévole française et un jeune employé belge du site, le 24 mai 2014 aux alentours de 15h45. Un quadruple assassinat exécuté en 82 secondes. A cette époque, il revenait de Syrie, où il avait combattu dans les rangs de l'Etat Islamique. 

Six jours après la tuerie, le terroriste présumé avait été arrêté en possession d'un revolver et d'un fusil d'assaut à Marseille, où s'est ensuite concentrée une partie de l'enquête. C'est également à Marseille que son co-accusé Nacer Bendrer, 30 ans, a été interpellé en décembre 2014, soupçonné de l'avoir aidé à se fournir en armes.

En 2008, les deux délinquants avaient fait connaissance à la prison de Salon-de-Provence (sud de la France), où ils étaient décrits comme radicalisés, faisant du "prosélytisme" auprès des autres détenus musulmans. Leur proximité est notamment attestée dans l'enquête par 46 contacts téléphoniques en l'espace de quinze jours en avril 2014, époque à laquelle Nemmouche est soupçonné être en pleins préparatifs. 

La crainte des organisations juives

Pour le Comité de coordination des organisations juives de Belgique (CCOJB), partie civile au procès, le caractère antisémite des assassinats reprochés à l'accusé ne fait aucun doute mais il l'organisation craint malgré tout que les avocats de Nemmouche ne "minimise" ce caractère antisémite et tienne "un discours complotiste", a déclaré Yohan Benizri, président du CCOJB, à l'AFP. Une crainte pas tout à fait infondée au regard des arguments avancées en audience préliminaire. 

Me Courtoy, avocat de Nemmouche avait évoqué à demi-mots l'hypothèse d'une intervention d'agents israéliens. "Il choisira le moment de parler", a précisé Me Laquay, autre conseil de Nemmouche, devant des journalistes. Ce jeudi matin, ce même avocat a décrit son client comme "serein, calme". 

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C'est quelqu'un de malin. Mais moi, je n'oublierai jamais sa capacité de violence et sa capacité de danger- Didier François, journaliste à Europe 1 et ancien otage à Alep en 2013

Un qualificatif nuancé par Didier François, journaliste à Europe 1 et otage de Mehdi Nemmouche à Alep en Syrie en 2013. L'accusé est d'ailleurs soupçonné d'avoir retenu en otages quatre journalistes français et devra faire face à un procès distinct en France. Trois de ces journalistes, otages de l'Etat islamique, l'ont reconnu après les faits de Bruxelles en 2014. Ils ont dépeint un geôlier "violent, autoritaire", qui ne cachait pas son admiration pour Mohamed Merah, le terroriste qui avait assassiné trois militaires, trois enfants juifs et un père de famille, juif lui aussi, dans le sud de la France en 2012. 

Pour Didier François, il ne fait aucun doute qu'il était leur tortionnaire, en Syrie. "L'homme qui est jugé aujourd'hui à Bruxelles pour un meurtre antisémite, puisqu'il a assassiné brutalement dans le Musée juif de la capitale belge, était bien Mehdi Nemmouche, l'un de mes geôliers", a-t-il déclaré sur Europe 1 .

"Quand j'entends ses avocats dire que c'est quelqu'un qui peut être très poli, très urbain... Certainement. C'est quelqu'un de malin. Mais moi, je n'oublierai jamais sa capacité de violence et sa capacité de danger", a affirmé jeudi matin sur la radio Europe 1.

Le premier interrogatoire des deux accusés sur le fond est prévu la semaine prochaine, à partir de mardi.

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