Propos antisémites d'une professeure sur Facebook : le parquet saisi

Devanture du lycée Janson-de-Sailly (Paris, 16e) - avril 2016
Justice

JUSTICE - Sur Facebook, une enseignante d'un lycée parisien avait tenu des propos antisémites, négationnistes et complotistes. Le procureur de la République a été saisi, a annoncé Najat Vallaud-Belkacem, pour qui il s'agit "de dire la gravité des faits".

"A ma demande, le recteur de Paris a saisi le procureur de la République de Paris sur le fondement de l'article 40 du code de procédure pénale, il y a quelques jours", a indiqué ce dimanche 4 septembre la ministre de l'Éducation sur Radio J.  "C'est une façon aussi de dire la gravité des faits et de les dénoncer à la justice", explique-t-elle.

Le 27 juillet, Le Canard enchainé avait révélé qu'une professeure d'anglais en classe préparatoire littéraire au lycée Jean-de-Sailly, dans le 16e arrondissement de Paris, avait tenu des propos antisémites, négationnistes et complotistes sur son compte Facebook. Habituée à inviter ses élèves en amis sur le réseau social, elle avait notamment accusé les juifs d'avoir "organisé" la Shoah, ou encore que "Mohamed Merah n'a jamais tué personne". Il s'agirait selon elle d'un "kéké de banlieue repéré et manipulé par les services secrets à des fins politiques".

"C'est évidemment insupportable, inacceptable, inadmissible qu'une enseignante puisse tenir ce type de propos, c'est la raison pour laquelle une procédure a été engagée à son encontre", poursuit Najat Vallaud-Belkacem. Elle a alors été suspendue et risquerait même la révocation.

Une procédure de plusieurs mois

De son côté, le proviseur de l'établissement a assuré dans un communiqué que les propos tenus "ont profondément choqué l'ensemble de la communauté jansonienne et ont porté atteinte à l'honneur et à la dignité de tous les personnels de notre cité scolaire". Il a par ailleurs indiqué que ces messages "n'ont jamais été connus de l'équipe de direction".

Selon la ministre il n'y  a vraisemblablement pas d'"omerta" sur le sujet. Patrick Sorin est "meurtri de la façon dont l'établissement tout entier pâtit de cette affaire", précise-t-elle.

La procédure disciplinaire qui a été engagée va donc "permettre de recueillir l'ensemble des témoignages et d'y voir plus clair", a poursuivi la ministre. Néanmoins, elle peut prendre plusieurs mois. Pour le moment, l'enseignante est en arrêt maladie.

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