Le rappeur Nick Conrad jugé ce mercredi pour avoir chanté "Pendez les Blancs"

Justice

JUSTICE - Totalement inconnu jusqu’à fin septembre, Nick Conrad, 35 ans, s’est retrouvé en quelques heures à la Une de l’actualité après avoir posté sur les réseaux sociaux et la toile son clip "Pendez Les blancs". Le rappeur doit être jugé ce mercredi à Paris pour "provocation directe à commettre des atteintes à la vie".

Des images ultra-violentes, un Blanc pendu au bout d’une corde, un homme à terre, un revolver, un coup de feu et un ces paroles qui arrivent en fond sonore : "Cours pour sauver ta vie, cours pour sauver ta peau"… Puis ce premier couplet : "Je rentre dans des crèches, je tue des bébés blancs, attrapez-les vite et pendez leurs parents, écartelez-les pour passer le temps, divertir les enfants noirs de tout âge petits et grands. Fouettez-les fort faites-le franchement, que ça pue la mort que ça pisse le sang…" .  

Jusqu’à fin septembre, l’auteur de ce titre, @jazzconrad sur Twitter, était tout simplement inconnu malgré ses six albums. Avec son clip "Pendez les Blancs" mis en ligne fin le 26 de ce mois sur Youtube, le rappeur Nick Conrad, 35 ans, s’est retrouvé propulsé sur les devants de la scène en quelques heures.

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Auditionné le 28 septembre, le rappeur était ressorti avec une convocation au tribunal. Il sera jugé ce mercredi devant la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris pour "provocation directe à commettre des atteintes à la vie, "provocation non suivie d'effet" à commettre un crime.

Nombreuses réactions

Et le procès du rappeur trentenaire sera suivi de près. Car dès la diffusion du clip "PLB" pour "Pendez les Blancs", les réactions avaient été nombreuses. Le clip, d'abord repéré par des personnes proches de l'extrême droite y voyant l'expression d'un "racisme anti-blancs", avait notamment fait réagir le ministre de l'Intérieur d'alors, Gérard Collomb, qui avait dénoncé des "propos abjects". 

Marine Le Pen avait dénoncé un "appel à la haine et au meurtre". Nicolas Dupont-Aignan avait demandé "le retrait immédiat de ce clip infâme et la poursuite de son auteur". La Licra avait déclaré: "La liberté de création, ce n'est pas la liberté d'appeler à pendre des Blancs en raison de la couleur de leur peau."

 Outre les personnalités politiques et associations,  de nombreux anonymes avaient également condamné le texte...

Pour l'auteur des paroles, "ce n’est pas violent"

Répondant à la presse à l’issue de son audition le 28 septembre 2018, Nick Conrad s’était défendu de toute violence. 

"Je pense qu'un texte mérite d'être regardé en profondeur et pas simplement en surface", avait-il déclaré à la presse à l'issue de cette audition, estimant que ce qu'il avait à dire était "important". "Je ne reviens pas sur ce que j'ai dit, je ne le regrette pas, je le pense vraiment mais ce n'est pas blessant, ce n'est pas violent", avait-il affirmé.

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Nick Conrad s'exprime au micro de LCI

Dans un entretien au Parisien, le rappeur avait décrit ce morceau comme "un miroir, une réponse aux injustices vécues par (sa) communauté depuis l’esclavage". Il avait assuré avoir "voulu inverser les rôles de l'homme blanc et de l'homme noir" et souligné que "le choc était voulu", "mais pas à un tel niveau". 

Les avocats plaideront la relaxe

Contacté par LCI lundi, David Apelbaum, un des avocats de Nick Conrad a indiqué que ni lui ni son client ne répondrait aux interviews avant l’audience du 9 janvier. Lui et sa consœur Chloé Arnoux plaideront la relaxe mercredi. Pour les faits qui lui sont reprochés,  encourt jusqu’à  cinq ans d'emprisonnement et de 45 000 euros d'amende. 

Le clip "PLB "avait été lui retiré fin septembre de Youtube. Il reste toutefois en ligne sur notre site, notamment Dailymotion. 

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