Le sénateur socialiste Philippe Kaltenbach sera rejugé le 17 mai 2017

Justice

JUSTICE - Le sénateur des Hauts-de-Seine et ex-maire de Clamart, Philippe Kaltenbach, devait être jugé en appel ce vendredi pour "corruption passive". Le procès a été renvoyé au 17 mai prochain. En première instance, il avait été condamné à un an de prison ferme.

L'avenir politique de Philippe Kaltenbach va-t-il encore s'assombrir ? Réponse finalement le 17 mai 2017. Le sénateur des Hauts-de-Seine et ex-maire de Clamart, Philippe Kaltenbach, devait être jugé en appel ce vendredi pour "corruption passive" mais il a obtenu le renvoi de son procès pour que soit entendu l'expert qui a analysé une vidéo, pièce maîtresse de l'accusation de corruption.

Soupçonné d'avoir accepté de l'argent liquide de la part de son ex-adjoint à la sécurité à Clamart, Mohammed Abdelouahed, contre une promesse d'attribution de logement social, l'élu avait été lourdement condamné en première instance : deux ans d'emprisonnement dont un ferme, cinq ans d'inéligibilité et 20.000 euros d'amende. Ils avaient sanctionné des "faits d'une gravité extrême" et "un comportement déplorable".

Six mois après cette condamnation, le sénateur avait été suspendu du Parti socialiste. L'affaire était née d'une vidéo, tournée en 2010 à l'insu du maire par son ancien adjoint. Dans une séquence, on voit la remise de fonds, pendant que les deux hommes discutent de ce qui semble être l'attribution d'un logement à un tiers.

 "Tout le dossier repose sur cette vidéo, sans savoir s'il s'agit d'un montage. Il nous semble essentiel que l'expert, sollicité pendant l'instruction (et qui avait conclu à l'absence de montage), vienne valider sa position", a expliqué à l'AFP Me Dominique Tricaud.

VIDEO - La vidéo avait été diffusé sur internet en 2012

L'ombre d'un complot ?

Philippe Kaltenbach a constamment soutenu qu'il s'agissait du "remboursement d'un prêt" à son ancien adjoint, en criant à un complot ourdi par son adversaire politique de toujours, le maire (Les Républicains) de la commune voisine du Plessis-Robinson, Philippe Pemezec.

Après avoir tourné la vidéo, l'ancien adjoint avait transmis les bandes non pas à la police, mais au maire du Plessis-Robinson, via des intermédiaires. Philippe Pemezec avait ensuite alerté le parquet de Nanterre, à l'époque dirigé par le procureur Philippe Courroye, convaincu de l'opportunité d'engager des poursuites.

Si les magistrats de première instance avaient convenu que les faits "accréditent" la thèse de la vendetta politique, ça n'était "pas pour autant susceptible" de dédouaner l'élu socialiste. "A l'évidence", avaient ajouté les juges de Nanterre dans leur jugement rendu l'année dernière, il ne s'agissait "pas d'un événement exceptionnel et unique", "cette situation ne semblait pas être une première".

Mohammed Abdelouahed avait pour sa part été condamné, pour corruption active dans ce dossier, à deux ans d'emprisonnement avec sursis ainsi qu'à une interdiction de vote et d'éligibilité pendant trois ans. Il n'avait pas interjeté appel de cette décision.

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