Les parents de Naomi Musenga veulent une loi au nom de leur fille : "Une série de dysfonctionnements inhumains"

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Mort de Naomi Musenga

UN AN - Un peu plus de douze mois après la mort de Naomi Musenga, que le Samu du Bas-Rhin avait refusé de prendre en charge, l’assistante de régulation se montrant alors très ironique avec la jeune femme en pleine souffrance au bout du fil, les parents de la victime demandent toujours que l’enquête avance. Ils réclament également qu’une loi réorganisant les secours porte le nom de leur fille.

"Oui, vous allez mourir, certainement un jour, comme tout le monde." Ces mots, et le ton sarcastique qui allait avec, ont fait le tour des ondes et des télés françaises il y a maintenant un an. Ces mots, ce sont ceux d’une assistante de régulation du Samu du Bas-Rhin qui, avant de raccrocher, s’est moquée de Naomi Musenga le 29 décembre 2017 alors que cette dernière appelait à l’aide en raison de violentes douleurs au ventre. Finalement pris en charge avec plus de deux heures de retard, cette jeune Française de 22 ans avait succombé. La cause du décès, dévoilée en juillet dernier par la procureure de la République : une intoxication au paracétamol.

Un an déjà et rien n’avance- Bablyne-Honorine Musenga, la maman de Naomi

Depuis, après l’émotion créée par la divulgation de cet appel téléphonique, l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) a mis le doigt sur toute une série de dysfonctionnements, qui portent entre autres sur les conditions de travail au sein du service. Par ailleurs, l’assistante de régulation a été suspendue, le responsable du Samu du Bas-Rhin a démissionné et une information judiciaire pour "non-assistance à personne en péril" a été ouverte contre l’assistante et pour "homicide involontaire" contre X.

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Pourtant, aujourd’hui, les parents de la victime ne sont pas satisfaits de la tournure des événements et souhaitent des avancées concrètes, tant sur le plan judiciaire que politique. "Un an déjà et rien n’avance, déplorent Bablyne-Honorine et Polycarpe Musenga dans les colonnes du journal Le Parisien. La vérité sur la mort de notre enfant n’a pas été faite, les responsabilités n’ont pas été établies, nous n’avons jamais reçu d’excuse des hôpitaux de Strasbourg, rien…"

Nous ne parlons pas pour nous plaindre- Polycarpe Musenga, le papa de Naomi

Alors qu’ils remettent en cause les analyses qui ont conduit à énoncer "une intoxication au paracétamol" comme raison du décès, les parents de Naomi se sentent quelque peu délaissés et regrettent surtout la lenteur de la procédure. Une lenteur qui les empêche de faire véritablement le deuil de leur fille, créatrice de mode. "Nous ne parlons pas pour nous plaindre, mais parce que la série de dysfonctionnements qui ont précédé la mort de Naomi sont inhumains et montrent à quel point il y a un problème, non pas du corps médical que l’on respecte énormément, mais dans l’organisation des soins", souligne son père.

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Après avoir rencontré la ministre de la Santé Agnès Buzyn, les parents de Naomi Musenga veulent du concret, et une loi portant le nom de leur enfant disparue : "On sent une volonté politique, mais il faut aller aux actes, insiste le papa, toujours dans Le Parisien. Du vernis a été mis sur les écailles mais le fond n’est pas encore traité. Nous voulons une loi Naomi Musenga. Basée sur une médecine humaniste, avec une réorganisation des secours, une formation, la mise en place du numéro unique pour éviter la perte de temps énorme dont nous avons été victimes. On nous a dit à l’Igas : 'Votre fille aurait pu être sauvée trois fois'. Ça reste dans nos têtes."

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