Les squatteurs de Théoule-sur-Mer condamnés à une peine de prison avec sursis

Les squatteurs de Théoule-sur-Mer condamnés à une peine de prison avec sursis

PROCÈS - Le couple qui a squatté une maison à Théoule-sur-Mer, dans les Alpes-Maritimes, a été condamné à huit mois de prison avec sursis par le tribunal de Grasse. L'affaire de ces retraités lyonnais privés de leur maison secondaire avait ému la France, permettant l'avancée de la législation autour du squat en France.

La justice condamne le couple de squatteurs de Théoule-sur-Mer. En août dernier, un couple de retraités lyonnais découvrait avec effroi que des individus occupaient illégalement leur résidence secondaire. Impossible pour Henri Kaloustian et sa femme de pénétrer dans la propriété qu'ils possèdent depuis 36 ans : les serrures avaient été changées. Après une mobilisation des habitants de Théoule-sur-Mer et une large couverture médiatique, le couple avait fini par récupérer le 10 septembre les clés de leur domicile secondaire. Ce mardi, le tribunal de Grasse a condamné les squatteurs à huit mois de prison avec sursis.

Début octobre, devant l'émoi suscité par cette affaire, un amendement à la loi de simplification de l'action publique avait rendu plus simple l'expulsion de squatteurs occupant une résidence secondaire, en calquant le dispositif sur celui existant pour les résidences principales. La mesure, qui a recueilli l'avis favorable du gouvernement, prévoit de réduire à maximum trois jours la durée de la procédure d'expulsion, actuellement estimée en moyenne à un à deux ans.

A l'audience, Abdellah Zerhima, 24 ans, et son épouse Jihan Zidouli, 25 ans, ont tenté d'expliquer dans quelles conditions ils avaient été amenés à occuper cette maison de manière illicite. Venu de la région parisienne en août, le jeune couple et ses deux enfants en bas âge auraient, selon eux, obtenu les clés d'une personne qui n'a jamais été identifiée, et qu'ils ne veulent pas dénoncer, moyennant 1500 euros.

La défense plaide un couple "en détresse"

L'avocat des parties civiles comme le ministère public ont cherché à démonter cette thèse de l'homme providentiel, dénonçant pour le premier "un dossier qui n'est qu'une succession de déclarations mensongères et une mauvaise foi patente", et pour le second "une désagréable volonté d'appropriation" du bien d'autrui.

La défense a évoqué de son côté la "détresse" de ce jeune couple qui avait "frappé à toutes les portes" mais que "personne n'a pu aider", avançant aussi la "pression" mise sur eux par "l'emballement médiatique", avec "une presse qui campe devant la maison pour obtenir une interview".

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Abdellah Zerhima a par ailleurs été condamné lors de la même audience à trois mois de prison avec sursis pour menaces à l'encontre de sa femme. Ces menaces, dénoncées par la jeune mère à la gendarmerie, avait entraîné, après quinze jours d'occupation illégale de la propriété, l'intervention début septembre des forces de l'ordre et la récupération du bien par son propriétaire.

Henri Kaloustian et son épouse avaient retrouvé l'habitation dans en piteux état : des meubles étaient abîmés, des poubelles entassées et la cuisine avait notamment subi des dommages.

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