17 victimes du "dentiste de l'horreur" vont être indemnisées

Justice

JUSTICE - La Commission d'indemnisation des victimes d'infractions (Civi) a accordé ce mercredi 8 septembre de 5000 à 40.000 euros à 17 victimes du "dentiste de l'horreur" de la Nièvre, condamné pour avoir mutilé ses patients.

"Ce sont des indemnisations qui sont bonnes et conformes à l'état de droit", s'est félicité Me Charles Joseph-Oudin, avocat des victimes du "dentiste de l'horreur", ce mercredi 8 septembre, suite à la décision de la commission d'indemnisation des victimes d'infractions (Civi) de Bourges d'indemniser les victimes.

Dix-sept de ses clients vont obtenir 4 000 euros de réparation chacun, au titre du "préjudice permanent exceptionnel". "Un préjudice symbolique, puisqu'il reconnaît que ce n'est pas la même chose d'être victime qu'un acte de soin que d'un accident de voiture", explique-t-il, satisfait. D'autant plus que "cette caractérisation du juge est assez rare et qu'on l'a longtemps plaidée".

 Neuf autres dossiers ont été renvoyés au 3 octobre.

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    Les victimes attendent que les sommes soient payées pour passer à autre chose- Me Joseph-Oudin

    "J'ai eu certains de mes clients au téléphone qui sont globalement très satisfaits de la décision de la Civi et surtout de la portée symbolique du préjudice spécifique, confie Me Joseph-Oudin à LCI. Ils attendent maintenant que les sommes soient payées pour pouvoir passer à autre chose."

    C'est le cas de Thérèse Zbinden. Quand cette Franco-Suisse s'installe à Château-Chinon, dans la Nièvre, en 2008, elle prend rendez-vous au cabinet dentaire de Mark Van Nierop pour changer un crochet abîmé sur une de ses dents. C'est là que le cauchemard commence. "Il m'en a refait un dans un matière qui ressemblait à de la boîte de conserve. Alors forcément, ça n'a pas tenu", raconte-t-elle. De pose de bridges (implants d'un ensemble de dents) en infections à répétition, elle enchaîne les rendez-vous. Jusqu'au jour où, suite à une facturation étrange, elle contacte un dentiste conseil. "C'est là que j'ai découvert toutes les malversations."

    Ce n'était pas gagné d'avance- Mme Zbinden, une des victimes

    "Ca m'a coûté pas mal d'argent", calcule-t-elle aujourd'hui. "Je suis satisfaite du montant de mon indemnisation mais ça ne couvrira pas 100 % de ce que j'ai investi. Et puis ce n'est pas fini, il faut encore que je poursuive les soins chez le dentiste pour réparer ma dentition meutrie", réagit-elle. Avant d'ajouter : "Par contre, être reconnu comme victime, c'est d'une grande importance pour moi." 

    Le combat des victimes du "dentiste de l'horreur" n'était pas gagné d'avance. Condamné en avril dernier à huit ans d'emprisonnement, Mark Van Nierop, qui avait mené grand train en martyrisant les dentiers de ses patients pendant trois ans, était en effet insolvable. Et s'il avait été établi que 85 patients avaient subi des violences, dont 45 des mutiliations et 61 avaient été reconnus victimes d'escroquerie, ils ne pouvaient réclamer d'argent à leur tourmenteur, celui-ci ayant vu son assurance annulée.

    Autant de raisons pour le Collectif dentaire, qui réunissait la plupart des victimes, de craindre que ces dernières "ne touchent rien" et que leur traumatisme soit jeté "aux oubliettes". Avec ces réparations, la présidente du collectif Nicole Martin s'est réjoui que les victimes puissent ainsi "poursuivre leurs soins" dentaires.

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    Nevers : le "dentiste de l'horreur" condamné à huit ans de prison

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