Sang de poulet, rapports sexuels forcés : le "gourou" de Libourne condamné à quatre ans de prison ferme

Sang de poulet, rapports sexuels forcés : le "gourou" de Libourne condamné à quatre ans de prison ferme
Justice

JUSTICE - Philippe Lamy, a été condamné mercredi, à Libourne, à quatre ans de prison ferme pour "abus de faiblesse, agressions sexuelles et exercice illégal de la médecine", après avoir placé sous "emprise mentale" trois femmes.

"Gélules magnétisées", "sang de poulet", séances de spiritisme assorties de "rapports sexuels forcés", "isolement", le mode opératoire était toujours le même pour chacune de ses victimes. 

Philippe Lamy, alias "le magnétiseur Giovanni Florenzo", a été condamné en correctionnelle, mercredi 4 octobre, à Libourne, à cinq ans de prison dont un avec sursis pour "abus de faiblesse, agressions sexuelles et exercice illégal de la médecine" après avoir placé sous "emprise mentale" trois femmes, dont l'une atteinte d'un cancer.

Sa "stratégie" consistait à "s'immiscer dans nos vies jusqu'à en prendre totalement le contrôle", ont-elles expliqué. La présidente du tribunal, Cécile Baudot, a décrit le "même processus d'emprise" et d"esclavagisme" infligé, entre septembre 2012 et juin 2014, à ces femmes malades et vulnérables. L'une était traitée pour un cancer de la thyroïde et les deux autres pour dépression au moment des faits. 

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    L'ostéopathe était poursuivi pour avoir commandé les gélules censées guérir ses "patientes".

    La première raconte comment, "au départ, elle est séduite et lui fait confiance". Mais "ensuite, ça s'est dégradé". Guy Veillon, ostéopathe et compagnon de la victime, lui, est cité à la fois comme victime du "gourou" et co-prévenu pour avoir commandé pour Lamy, les gélules censées guérir ses "patientes". 

    Il affirme avoir agi sous "son emprise mentale". "Petit à petit, Lamy a pris de plus en plus de place", "moins j'avais de discernement, plus je m'enfonçais". Le tribunal a relaxé Guy Veillon contre lequel le procureur avait requis huit à dix mois de prison avec sursis.

     "Je ne comprends pas pourquoi ils ont inventé tout ça. Il n'y a jamais eu de violence, je n'ai jamais forcé qui que ce soit, c'est eux qui sont venus à moi", s'est défendu Philippe Lamy.

    Un gourou capable de mettre sa victime sous emprise mentale en cinq minutes- Me Daniel Picotin, avocat des trois victimes

    Sa deuxième victime explique devant les juges comment le "gourou" l'a persuadée de suspendre son traitement contre le cancer au point de mettre sa vie en danger. Elle évoque  les humiliations sexuelles et la vente de sa maison sous la pression du magnétiseur : "J'étais devenue une marionnette." 

    Philippe Lamy, lui, assure qu'il y avait un "amour réciproque" entre eux. La victime proteste : "Il n'y avait pas du tout d'amour", "j'étais terrorisée, sous-alimentée et épuisée par la maladie. Ce personnage ne doit plus être dehors".

     La troisième victime évoque en pleurs sa tentative de suicide après "l'enfermement", les violences physiques jusqu'à "l'étranglement" et la rupture forcée avec ses enfants que l'accusé lui inflige entre 2012 et 2014.   

    Me Daniel Picotin, qui représentait les trois victimes, parties civiles, a décrit Philippe Lamy comme un "gourou capable de mettre sa victime sous emprise mentale en cinq minutes", mettant en garde contre "la dangerosité de ce type de délinquance astucieuse".

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