Loi Travail : un CRS renvoyé aux assises pour avoir éborgné un syndicaliste en 2016

Justice

VIOLENCES POLICIÈRES - Un CRS a été renvoyé aux assises lundi 20 mai pour y répondre d'un "lancer injustifié" d'une grenade de désencerclement, dont l'explosion a rendu aveugle d'un œil un manifestant, lors d'un rassemblement contre la loi Travail le 15 septembre 2016.

Fait rarissime. Lundi 20 mai, un CRS a été renvoyé aux assises par deux juges d'instruction pour "violences volontaires ayant entraîné une mutilation ou une infirmité permanente". Les faits s'étaient déroulés lors d'un rassemblement contre la loi Travail le 15 septembre 2016, place de la République, à Paris. 

"Il n'y a pas d'impunité"

C'est donc devant un jury populaire que le policier de 50 ans va devoir répondre d'un "lancer injustifié" d'une grenade de désencerclement, dont l'explosion a causé la perte d'un œil de Laurent Theron. Le militant syndical SUD, âgé de 48 ans au moment des faits, est devenu "définitivement aveugle de l’œil droit". Une décision que justifie Me Laurent Pignon, avocat du manifestant : "L'objet de ce renvoi, c'est l'acte de ce CRS, un acte de violence illégitime par une personne dépositaire de l'autorité publique qui a eu pour conséquence une infirmité permanente, la perte d'un œil."

L'avocat du CRS a annoncé vouloir faire appel de cette décision. "C'est clairement un exemple que l'on veut faire", a ainsi jugé Me Laurent-Franck Liénard auprès de LCI, qui voit dans ce renvoi "une réponse judiciaire à tous les reproches judiciaires qu'on fait à l'IGPN de ne pas travailler assez vite sur les dossiers Gilets jaunes, à l'impunité qui est mise en avant à l'égard des violences policières. Les juges répondent que non, il n'y a pas d'impunité et qu'ils sont même poursuivis durement."

De nombreux cas de violences policières présumées en 2016

Si les violences policières sont sur le devant de la scène médiatique depuis le début de la crise des Gilets jaunes, avec la mise en cause notamment de l'utilisation des lanceurs de balles de défense (LBD), elles faisaient également grand bruit lors des manifestations contre la loi Travail en 2016.  

Lire aussi

Un rapport de 80 pages, publié par Reporterre, accablait les forces de l'ordre à l'époque, en recensant les violences policières présumées à travers la France depuis le début des manifestations. 48 enquêtes judiciaires avaient alors été ouvertes par la police des polices.

Lire et commenter