Lynché pour avoir défendu un couple qui s'embrassait, Marin redoute la libération de son agresseur

Lynché pour avoir défendu un couple qui s'embrassait, Marin redoute la libération de son agresseur
Justice

JUSTICE - Le jeune homme condamné en mai 2018 pour avoir frappé deux ans plus tôt à coups de béquille à Lyon, Marin, 20 ans, a obtenu une libération conditionnelle. Une décision qui suscite de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux. Le ministère public a fait appel.

Il avait été condamné le 4 mai 2018 par la cour d'assises des mineurs de Lyon à sept ans et demi de prison mais pourrait bientôt quitter le centre de détention de Roanne (Loire). L'agresseur du jeune Marin, lynché à coups de béquilles et laissé pour mort le 11 novembre en 2016 après avoir défendu un couple qui s'embrassait à Lyon (Rhône), a en effet obtenu mercredi 29 avril une libération conditionnelle. Poursuivi pour "violences avec usage ou menace d'une arme suivie de mutilation ou infirmité permanente", l'accusé était âgé de 17 ans au moment des faits. Il a aujourd'hui 21 ans.

En apprenant la nouvelle, Marin et ses proches ont exprimé leurs inquiétudes, tandis que les réactions, depuis la médiatisation il y a 48 heures de cette potentielle libération, se sont multipliés sur les réseaux sociaux. Le ministère public a fait appel de cette décision, entraînant la suspension de cette mesure. Celle-ci aurait dû prendre effet dès le 5 mai prochain. 

"Efforts sérieux de réinsertion"

Selon Le Figaro, qui a pu consulter la décision, "le juge note l'amélioration du comportement en détention de l'agresseur de Marin, ses 'efforts sérieux de réinsertion', 'l'hébergement stable' dont il peut bénéficier à l'extérieur"... Le magistrat souligne également qu'en cette période de crise sanitaire, "étant donné que les contacts rapprochés favorisent la propagation du virus, des efforts concertés doivent être mis en œuvre pour recourir à des mesures de substitution à la privation de liberté".

"Cette probable remise en liberté, c'est une décision judiciaire qui peut l'affecter durablement, a réagi Audrey Sauvajon, la mère de Marin dans les colonnes du Parisien . Il n'aura pas de liberté conditionnelle, lui (Marin), il est toujours en rééducation et il essaye toujours de se trouver une place, de savoir quoi faire aujourd'hui." La famille de Marin redoute notamment que la victime et son agresseur ne se recroisent et que cette sortie ne ravive chez Marin des angoisses. 

Audience dans les prochaines semaines

Après son agression en 2016, Marin, alors âgé de 20 ans et étudiant en sciences politiques, avait été hospitalisé et était resté plusieurs jours dans le coma. De son agression, le jeune homme gardera des séquelles à vie. 

En janvier 2019, Marin avait été nommé chevalier de la Légion d'honneur par Emmanuel Macron. Il avait été reçu et décoré deux mois plus tard par le président de la République.

L'audience en appel, concernant la libération potentielle de l'agresseur de Marin, devrait avoir lieu dans les prochaines semaines. 

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