Lyon : 10 ans de prison pour avoir battu et aspergé d'acide son ex-compagne

Justice

PROCÈS - Un homme de 36 ans a été condamné à 10 ans de réclusion criminelle jeudi 24 octobre, à Lyon. Poursuivi pour avoir battu son ex-compagne et l'avoir aspergée d'acide, en état de récidive, il a tenté pendant les débats de rejeter la responsabilité sur cette dernière.

Un homme, poursuivi pour avoir frappé et aspergé d'acide sulfurique son ex-conjointe en 2016, a été condamné par la cour d'assises du Rhône à dix ans de réclusion criminelle, dans la nuit du mercredi 23 au jeudi 24 octobre. Une peine assortie de cinq ans de suivi socio-judiciaire, ainsi justifiée par la présidente de la cour d'assises : "Vous avez absolument besoin d'un suivi, pour le moins de risque possible de réitération des faits".

Une volonté d'anéantir, d'avilir- L'avocat des parties civiles

L'histoire est pour le moins sordide et commence en février 2016, comme le raconte la victime, Nadia L., 43 ans au moment des faits. Après qu'elle a refusé un rapport sexuel, son compagnon, Grégory Alga, 36 ans aujourd'hui, se met à la frapper. "Je reçois une gifle au visage, violente. Je me lève en sursaut et lui demande de partir", a raconté la quadragénaire à RMC. Les violences ne s'arrêtent pas. De nouveaux coups, de pied, de poings, qui lui valent des "lèvres fendues", des "dents fissurées" et un "coccyx cassé". Les pompiers interviennent et Nadia L. finit par changer d'appartement. 

Six mois plus tard, au mois d'août 2016, son ex-conjoint s'introduit chez elle, à Villeurbanne. "Son regard disait : 'Je vais te massacrer'", se souvient la victime. A nouveau, l'agresseur la frappe, la projette au sol et lui verse de l'acide sulfurique sur plusieurs parties du visage. Nadia L. passera deux mois et demi dans le coma et neuf mois à l'hôpital. Brûlée sur 35% de son corps au troisième degré, elle a été touchée au crâne, au visage, à la poitrine et au pubis. "Des endroits tellement symboliques, qui disent cette volonté d’anéantir, d’avilir", a relevé à l'audience Me Alexandre Plantevin, son avocat.

En guise de défense, l'accusé a nié avoir aspergé son ex-compagne d'acide. Il a au contraire soutenu que c'est elle-même qui se serait mutilée pour lui nuire et toucher des dommages et intérêts. Une thèse mise en pièce par le légiste et l'avocate générale, qui a longuement décortiqué les faits. Son contact avec un ami travaillant dans la découpe d'aluminium, qui requiert l'usage d'acide, sa fuite après les faits, ses changements dans ses déclarations, n'ont pas convaincu.

Récidiviste

Circonstance aggravante, l'homme avait déjà été condamné, quelques années plutôt, pour des faits semblables. En novembre 2011, rappelle Le Progrès, il avait été condamné à quatre ans de prison dont deux avec sursis pour avoir poignardé à trois reprises son ex-compagne. Jugé en février 2013, il avait d'abord été poursuivi pour tentative d'assassinat, avant que les chefs d'accusation ne soient réévalués en "violences volontaires avec circonstances aggravantes". Il avait bénéficié au printemps 2013 d'une liberté conditionnelle, finissant sa peine avec un bracelet électronique.

L'avocate générale, faisant valoir "une vraie dangerosité" chez le trentenaire, avait réclamé une peine de dix-huit ans. Et souligné "la volonté de marquer de son empreinte la personne qu'on défigure" et la "dangerosité" d'un homme déjà condamné, "sans prise de conscience". Présente lors des débats, Nadia L. a jugé le verdict "un peu faible", relève Le Progrès dans son compte-rendu d'audience. "Moi, je vais avoir des séquelles toute ma vie".

Si vous êtes victime ou si vous connaissez des femmes victimes de violences, un numéro d'écoute est à votre disposition : le 3919.

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