Maire de Signes écrasé par une camionnette : pour l'avocat de la famille, "la thèse accidentelle passe mal"

Justice
ACCIDENT - Une information judiciaire a été ouverte pour homicide involontaire après la mort du maire de Signes lundi. L’élu a été écrasé par une camionnette dont les occupants venaient de déverser des gravats illégalement. Le conducteur a été mis en examen ce mercredi.

L’émotion ne retombe pas dans la classe politique après l’annonce du décès du maire de Signes (Var), Jean-Mathieu Michel, 76 ans, dans des circonstances tragiques lundi. Une information judiciaire a été ouverte par le parquet de Toulon pour homicide involontaire. L’élu a été écrasé par une camionnette sur un chemin de sa commune. Les deux occupants du véhicule venaient de déverser des gravats et l’élu leur avait demandé d’attendre la police municipale afin d’être verbalisés. 


Selon nos informations, le conducteur a été mis en examen ce mercredi pour "homicide involontaire et remis en liberté sous contrôle judiciaire". Selon des informations complémentaires obtenues jeudi, le contrôle judiciaire lui interdit de se rendre dans la ville de Signes. La ville de Signes s'est, elle, portée partie civile dans ce dossier. 


"L'audition des  témoins et des mis en cause laisse penser au caractère involontaire de  l'homicide", avait indiqué le parquet de Toulon mardi. Lors du drame, le maire était accompagné de trois personnes. Ils effectuaient une tournée en vue d'implanter de nouveaux containers à ordure. C'est alors qu'ils aperçoivent  deux hommes dans une fourgonnette, sur un chemin privé vers une décharge  sauvage.

"Il n'y a pas eu de délit de fuite"

Quand Jean-Mathieu Michel avait demandé aux deux hommes de reprendre les gravats, ceux-ci avaient obtempéré. Mais c'est quand le maire leur avait enjoint d'attendre la police municipale qu'ils ont effectué une manœuvre pour partir, renversant mortellement l'élu qui se trouvait derrière le véhicule. Le conducteur, un maçon de 23 ans, et le passager, un apprenti de 20 ans, employés dans une entreprise de travaux publics, avaient été placés en garde à vue. Seul le conducteur avait été ensuite maintenu en garde à vue. "Il n'y a pas eu de délit de fuite", a souligné une source proche de l'enquête. M. Reichardt, 1er adjoint, aussitôt sur place, a décrit des jeunes "effondrés et perdus".

En vidéo

Décharges sauvages : le casse-tête des maires

"La thèse accidentelle passe mal"

"La thèse accidentelle passe mal. Sans les infractions commises en amont",  le maire n'aurait pas été renversé, a réagi auprès de l'AFP l'avocat des  proches de la victime, dont ses deux fils, Jean-Claude Guidicelli. Il se dit  très "surpris" de la remise en liberté du conducteur, et précise que ses  clients se constituent partie civile. "Il s'agit d'un accident, et l'enquête a permis de le vérifier", a souligné  au contraire auprès de l'AFP l'avocat du conducteur, Me Julien Gautier. La  remise en liberté a été décidée par le juge d'instruction "en application du  droit en matière délictuelle" pour ce maçon "sans antécédents judiciaires et  qui n'avait jamais fait une garde à vue de sa vie", a-t-il ajouté.

Le problème récurrent des dépôts sauvages

Les faits se sont déroulés sur une route départementale traversant Signes,  une commune très boisée où les problèmes de dépôts sauvages sont récurrents,  comme dans le reste de la région. "Ces six derniers mois, il y a eu une  recrudescence" de dépôts sauvages, a déclaré M. Reichardt. "Il y a une déchetterie à Signes, on peut jeter ce que l'on veut", a ajouté M. Reichardt : "Mais cela a un coût bien sûr". D'où ces décharges sauvages. C'est pourquoi le 1er adjoint demande un alourdissement des sanctions pour ce genre de délits environnementaux: "Actuellement on risque quoi ? Une petite amende !" 

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter