Marine Le Pen perd son procès contre Guy Bedos pour injure

Marine Le Pen perd son procès contre Guy Bedos pour injure
Justice

JUSTICE - Le tribunal correctionnel de Paris a débouté vendredi 14 octobre la présidente du Front national, estimant qu'elle aurait dû poursuivre l'humoriste pour diffamation et non injure.

Marine Le Pen a perdu vendredi 14 octobre son procès pour injure contre l'humoriste Guy Bedos et le directeur de la publication du Figaro. La présidente du Front national les poursuivait pour les propos tenus par l'humoriste, lors d'une interview en 2013. "Madame Le Pen [...] fait la campagne d'Hitler", avait-t-il affirmé. "Elle a simplement remplacé les juifs par les Arabes et les nègres. Elle dit à tous ces gens qui vont mal, car nous sommes dans la même crise que dans les années hitlériennes : 'Si vous êtes au chômage, si vous souffrez, c'est parce qu'il y a trop d'Arabes, trop de Noirs.'" En outre, selon l'humoriste, Marine Le Pen ferait la promotion du plein emploi pour les Français si l'on "fout à la mer" les étrangers. Des propos qu'il avait assumés devant le tribunal correctionnel de Paris en juillet : "Je persiste et signe sur ce que j'ai dit."

Marine Le Pen demandait 5000 euros de dommages et intérêts

Guy Bedos et le directeur de la publication du Figaro ont été relaxés et Marine Le Pen, qui demandait 5000 euros de dommages et intérêts, déboutée. Le tribunal correctionnel de Paris a estimé que cette dernière a poursuivi pour injure des propos qui auraient dû être poursuivis pour diffamation. Pour le tribunal, les propos litigieux ne lui imputent pas d'être "raciste 

et nazie", comme Marine Le Pen s'en plaint, mais lui reprochent de "dire, dans le cadre de sa campagne, que les souffrances de la population sont dues aux Arabes et aux Noirs et qu'ils retrouveront du travail si ceux-ci sont 'foutus' à la mer". Ce qui peut faire l'objet d'un débat probatoire, et donc relève de la diffamation et non de l'injure.

Connu pour sa lutte contre le racisme qu'il qualifie d'obsessionnelle, l'humoriste de 82 ans avait été relaxé en appel en août dernier pour avoir traité Nadine Morano de "conne" dans l'un de ses spectacles. La Cour d'appel de Nancy avait alors conclu que Guy Bedos était "dans son registre" d'humoriste et qu'il n'avait "pas dépassé ses outrances habituelles". "Un jugement ne faisant pas honneur à la justice française", avaità l'époque estimé Florian Philippot. 

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Guy Bedos relaxé après ses insultes contre Nadine Morano

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