Marseille : 5000 euros d'indemnisation pour une locataire rescapée de l'effondrement de l'immeuble rue d'Aubagne

Justice

INDEMNISATION - Un an après l’effondrement d’un immeuble insalubre rue d’Aubagne, dans le centre-ville de Marseille, une propriétaire est condamnée à verser 5000 euros de dommages et intérêts à sa locataire rescapée. Une peine insuffisante pour l’avocate de la victime.

A trois jours près, elle aurait pu trouver la mort. Le 5 novembre 2018 à Marseille, un immeuble occupé s’effondrait en plein centre-ville, rue d’Aubagne, faisant huit morts. Une des locataires du quatrième étage, inquiète de l’état du bâtiment, était partie se réfugier chez une amie trois jours avant le drame.

Ce jeudi 31 octobre, le tribunal d’instance de Marseille a condamné une copropriété du 65 rue d’Aubagne à verser 5000 euros à cette étudiante en histoire de l’art.

"Elle a tout perdu"

Alors que la loi contraint tout propriétaire à garantir à son locataire "une jouissance paisible" de son logement, la propriétaire estimait que le caractère imprévisible de l'effondrement devait être considéré comme "un cas fortuit". Mais le tribunal a estimé qu’au vu de l’état de vétusté de l’immeuble et des "multiples désordres liés à sa structure", les arguments de la propriétaire n’étaient pas valables. Cette dernière devra verser seulement 5000 euros à sa locataire. 

L’avocate de la jeune étudiante réclamait elle 10 000 euros de dommages et intérêts pour sa cliente, afin qu’elle n’ait pas à "attendre la fin du procès pénal pour être indemnisée, au mieux dans cinq à six ans, alors qu’elle a tout perdu". Elle réclamait également le remboursement par la propriétaire des trois premiers loyers de son nouveau logement, une demande rejetée par les juges au motif que l’arrêté de péril imminent pris par la ville le 19 octobre n’ordonnait pas d’évacuation de l’immeuble. 

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Ce drame de la rue d’Aubagne avait mis en lumière la crise du logement indigne qui sévit à Marseille, et déclenché l’évacuation de 311 immeubles. 2558 personnes ont dû quitter leur logement, et plusieurs centaines d’entre elles n’ont toujours pas été relogées, selon des acteurs locaux. 

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