Mathieu Gallet renvoyé en correctionnelle pour des soupçons de "favoritisme" du temps où il était à l'INA

Mathieu Gallet renvoyé en correctionnelle pour des soupçons de "favoritisme" du temps où il était à l'INA

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JUSTICE - L'actuel PDG de Radio France Mathieu Gallet, soupçonné de "favoritisme" dans des contrats passés entre 2010 et 2014 alors qu'il présidait l'Institut national de l'audiovisuel, INA.

Cela se passera devant le tribunal correctionnel. Mathieu Gallet, actuel PDG de Radio France est soupçonné de "favoritisme" dans des contrats passés entre 2010 et 2014 alors qu'il présidait l'INA, l'institut national de l'Audiovisuel. Le procès est fixé au 16 novembre prochain et le montant total des contrats visés par l'enquête s'élève à 428.000 euros, indique le parquet auprès de l'AFP. 


A l'origine de cette enquête qui avait démarré en juin 2015, un signalement du ministère de la Culture, reçu par le parquet de Créteil, sur "certaines dépenses" des "présidents successifs de l'INA" depuis 2010. Parmi ces faits, selon un communiqué publié en juin 2015 par le parquet, une "série d'éléments concerne certains contrats passés entre 2010 et 2014 (...) susceptibles d'être irréguliers au regard des règles encadrant l'attribution des marchés publics". Cela concernait des contrats de plusieurs centaines de milliers d'euros sans mise en concurrence, une règle qui encadre habituellement les attributions de marchés publics.

Des contrats passés sans mise en concurrence ?

Les sociétés mises en cause sont Balises, dirigée par Denis Pingaud conseiller de Mathieu Gallet à Radio France, et Roland Berger Strategy, a indiqué le parquet. Les contrats passés en 2010 et 2011 pour un montant de 50.000 euros avec OpinionWay, également soupçonnés d'entorse à la concurrence, ne sont finalement pas concernés par le renvoi, le délai de prescription étant dépassé. 


En mai 2016, un pré-rapport de la Cour des comptes, dont les conclusions définitives sont toujours attendues, avait également épinglé les dépenses de l'INA sous la présidence de Mathieu Gallet. Outre les contrats douteux, la Cour avait pointé les frais de réception de l'ancien président de l'INA: 61.063 euros entre 2012 et avril 2014, "soit une moyenne de plus de 2.300 euros par mois, ce qui paraît très conséquent pour un établissement de la taille de l'INA", avait souligné la Cour. 


Le Canard Enchaîné citait d'ailleurs une note du Contrôle général économique et financier (CGEFI), un service du ministère de l'Économie qui contrôle la gestion de l'argent public.  Le CGEFI y relèvait des "dysfonctionnements et irrégularités" dans plusieurs marchés passés avec des cabinets de conseil lors de la présidence de Mathieu Gallet.

Parmi ces marchés, toujours selon l'hebdomadaire, des contrats avec les sociétés OpinionWay et Balises. Or, Denis Pingaud, conseiller en communication de Mathieu Gallet à Radio France, préside la société Balises. Et il était vice-président d'OpinionWay lors de la signature des contrats avec l'INA. Pour un autre contrat de 119.000 euros, passé en 2011, "il n'a (...) pas été trouvé trace d'une mise en concurrence par courrier ou mail", selon la note du contrôleur d'Etat. 

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