Disparition inquiétante du président d'Interpol, la justice française enquête

Disparition inquiétante du président d'Interpol, la justice française enquête

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MYSTÈRE - La nouvelle a rapidement fait le tour du monde : Meng Hongwei, le président d'Interpol a disparu. L'homme qui vivait à Lyon, là on se trouve le siège de l'organisation internationale, n'a plus donné de nouvelles depuis son départ en Chine fin septembre. Une enquête a été ouverte. A Paris, on s'interroge et on est préoccupé par les menaces contre sa femme.

Sa famille n'a plus de nouvelles de lui depuis qu'il s'est envolé pour la Chine le 29 septembre dernier. C'est son épouse qui a signalé sa disparition aux autorités françaises en faisant part de son inquiétude. Meng Hongwei, le président d'Interpol, s'est évaporé.


Une enquête a été ouverte à Lyon, siège mondial de l'organisation internationale de coopération policière, a indiqué une source proche de l'enquête à LCI, confirmant une information d'Europe 1. Les enquêteurs ont la certitude qu'il n'a pas disparu en France. 

Selon Le Monde, les enquêteurs ne privilégieraient pas la piste criminelle mais plutôt celle d'"une mise au secret temporaire de M. Meng par les services de Pékin, dans le cadre de règlements de comptes interne au pouvoir chinois". Une hypothèse également avancée par l'un des principaux quotidiens de Hong-Kong, le South China Morning Post, d'après qui Meng Hongwei aurait été "pris en charge par les autorités chinoises pour être interrogé. Pour l'heure, Paris prend cette disparition très au sérieux et s'interroge. On se dit également "préoccupé par les menaces" proférées contre sa femme. 


"La France s’interroge sur la situation du président d’Interpol", Hongwei Meng, dont la famille est sans nouvelles depuis le 25 septembre, et est "préoccupée par les menaces dont son épouse a fait l’objet", indique le ministère, qui précise qu'"un dispositif policier adapté était mis en place pour garantir (sa) sécurité", a indiqué la place Beauvau dans un communiqué. 

A la tête d'Interpol depuis 2016

L'homme de 64 ans réside à Lyon avec sa femme et ses enfants depuis qu'il a été élu à la tête d'Interpol fin 2016, succédant à la Française Mireille Ballestrazzi. L'organisation permet notamment de favoriser les échanges entre les polices de ses 192 pays membres. Le mandat de Meng Hongwei est prévu pour durer jusqu'en 2020. 


Avant d'accepter ce poste, il était vice-ministre chargé de la Sécurité publique en Chine, selon The Independant. Un haut poste dans la hiérarchie du Parti communiste chinois. Il était chargé de la lutte antiterroriste, du contrôle des drogues et des gardes-côtes, selon ce même quotidien britannique.

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Une nomination controversée à l'époque

Cette première nomination d'un Chinois à ce poste avait été critiquée par des organisations de défense des droits de l'Homme, la Chine menant alors une intense campagne de rapatriement d'escrocs et de fraudeurs présumés, parfois accusée de servir ses intérêts politiques. La Chine a longtemps utilisé Interpol "pour arrêter des dissidents et des réfugiés à l'étranger" plutôt que des criminels, s'était notamment inquiété Amnesty International.


L'organisation s'en était défendue en rappelant que le président d'Interpol n'intervient pas dans le quotidien opérationnel, tâche dévolue à son secrétaire  général - poste occupé actuellement par l'Allemand Jürgen Stock - et en soulignant que l'article 3 de ses statuts lui interdit toute ingérence en matière politique.

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