Menottes systématiques, isolement... Redoine Faïd va être surveillé de très près dans sa nouvelle prison

Justice
SURVEILLANCE - Redoine Faïd, l'un des fugitifs les plus recherchés de France a été interpellé ce mercredi matin, par les policiers, sur sa trace depuis des mois. L'homme a été placé en détention à la prison de Vendin-le-Vieil, dans le Pas-de-Calais. Une prison parmi les plus sécurisées de France. Comment sera-t-il traité ? Quelles mesures sont mises en place ? Nos réponses.

La traque aura duré trois mois et s'est achevée ce mercredi, avec l'arrestation de Redoine Faïd, l'évadé le plus recherché de France depuis sa fuite de la prison de Réau, en juillet dernier. Une évasion qui avait déclenché une polémique : selon Le Figaro, la Direction interrégionale avait prévenu qu'il existait "une menace sérieuse de passage à l'acte". La prison de Réau était-elle adaptée à la détention d'un homme comme Faïd ? 


Pour le ministère de la Justice, oui. Mais pour FO Pénitentiaire, ce n'était pas le cas. "On aurait dû le mettre dans une centrale sécuritaire, comme Condé-sur-Sarthe ou Vendin-le-Vieil", déclarait Emmanuel Baudin, secrétaire général FO Pénitentiaire. Désormais incarcéré au "quartier d'isolement" de Vendin-le-Vieil, dans le Pas-de-Calais, Redoine Faïd est donc dans l'une des prisons les plus sécurisées de France. Pour Wilfrid Szala, secrétaire local FO, la prison de Vendin, contrairement à celle de Réau, est parfaitement adaptée à des cas comme celui de Redoine Faïd. "Cet établissement a été conçu pour accueillir des profils comme le sien", explique-t-il à LCI. 

Une équipe spécifique va s'occuper de lui, il sera toujours seul, à tout moment,Gregory Strzempek, secrétaire local UFAP-UNSA

Dans cette prison, Redoine Faïd sera soumis à des "mesures particulières", a expliqué à LCI Wilfrid Szala, secrétaire local FO. Des mesures particulières et adaptées à son profil. "Il sera menotté et accompagné de plusieurs personnels dans tous ses déplacements. Il n'aura pas de voisin direct, pour éviter toute forme de communication. Au parloir, il y aura aussi un dispositif de séparation pour éviter tout contact physique avec son interlocuteur et sera sous la forme d'hygiaphone. Chaque pièce sera sécurisée avant et après son passage, il sera régulièrement fouillé. Les précautions seront maximales", a-t-il détaillé à LCI. 


"Une équipe spécifique va s'occuper de lui, il sera toujours seul, à tout moment. On sait de quoi il est capable, on sera vigilant. Les personnels qui vont s'occuper de lui sont des spécialistes, formés, avec de l'expérience. Ce sont de vrais professionnels", assure le représentant syndical. "Il y aura aussi sûrement des transferts vers d'autres établissements de détenus de Vendin, pour éviter qu'il puisse nouer des contacts, mais la question est de savoir comment on libère de la place, pour isoler ce détenu", explique-t-il. 

Vendin-le-Vieil, une prison très perfectionnée

Inaugurée en 2015, Vendin-le-Vieil est connue pour accueillir des détenus réputés parmi les plus dangereux. Un établissement ultra-sécurisé, qualifiée de "techniquement parfaite" et dont il semble impossible de s'évader. En France, la prison de Vendin-le-vieil et celle de Condé-sur-Sarthe, sa jumelle, sont parfaitement adaptées à ce type de profil, obsédé par l'évasion. 


En janvier dernier, le lieu avait été le déclencheur d'une colère des personnels des prisons. Quatre surveillants avaient été attaqués par un détenu radicalisé, condamné pour des faits de terrorisme. C'est aussi dans cette prison qu'avait été transféré Salah Abdeslam, pendant son procès à Bruxelles. 


Le centre pénitentiaire de Vendin-le-Vieil, conçu pour accueillir environ 230 prisonniers, a ouvert en mars 2015. Il est "l'un des derniers établissements issus de la loi d'orientation et de programmation pour la justice de 2002", selon le site internet de l'Agence publique pour l'immobilier de la Justice (Apij). "En prévision de l’arrivée des personnes détenues condamnées à de longues peines, des dispositifs de sûreté très perfectionnés ont été installés à Vendin-le-Vieil", informe le site.

Toujours pas de filets anti-intrusion à Réau

L'évasion de Rédoine Faïd de la prison de Réau avait déclenché une polémique, en juillet dernier. L'absence de filets anti-intrusion dans la cour de la prison de Réau qui a permis à l'hélicoptère de se poser et d'exfiltrer Redoine Faïd est une défaillance, pour les syndicats. "L'installation de ces filets avait été demandé, mais ça n'a pas été fait (...)", expliquait alors Loïc Delbroc, délégué syndical UFAP-Unsa. 


Trois mois après cette spectaculaire évasion, où en est la prison de Réau ? Des filets anti-intrusion ont-ils été installés ? "À Réau, rien n'a changé", déplore Jean-François Forget, secrétaire général du syndicat pénitentiaire UFAP-Unsa Justice, sur Europe 1. "La porte qui lui a permis de sortir est toujours là, on demande à ce qu'elle soit condamnée, totalement sécurisée par un mur plein. (...) Ça n'a pas été réglé en trois mois", déplore-t-il. Sur FranceInfo, Philippe Kuhn, secrétaire national adjoint du Syndicat pénitentiaire des surveillants (SPS) enfonce le clou. "Les filets anti-hélicoptère ne sont toujours pas mis", a-t-il déclaré. 

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